L’Office de la protection du citoyen charge Ariel Henry

Par Vladimir Predvil, Le National, édition du 8 au 11 octobre 2021 

L’Office de la protection du citoyen ( OPC ) a donné une conférence de presse ce mercredi 6 octobre 2021 pour faire le point autour de l'enquête sur l'assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse et conjointement sur la crise politique majeure en Haïti. L’OPC est convaincu que le Premier ministre Ariel Henri compromet la poursuite de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse 

7 juillet 2021- 7 octobre 2021, déjà trois mois depuis que l’ancien président Jovenel Moïse a été lâchement assassiné en sa résidence privée à Pèlerin 5. À propos, l'Office de la protection du citoyen a entretenu la presse autour de ses observations et de ses inquiétudes sur le déroulement de l’enquête en cours. 

Selon le protecteur du citoyen, M. Renan Hédouville, dans le cadre de l'ouverture de l'enquête sur ce crime, on ne peut plus révoltant, plus d'une cinquantaine de personnes sont déjà arrêtées par la Police nationale d’Haïti ( PNH ). Mais également, d'autres individus, en cavale, sont cités dans ce dossier et sont recherchés par la Police. Il s’agit de Wendelle Coq Thélot, John Joël Joseph, Félix Badio, Gérald Bataille, Paul Denis, Georges Forges Janvier, Samir Handall, entre autres. 

« Par ailleurs, le juge d’instruction devant travailler sur le dossier, Me Gary Orélien, a été en date du 23 août 2021, officiellement désigné par le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard Saint-Vil. Et l'instruction a déjà démarré non sans de grandes inquiétudes particulièrement en ce qui concerne la sécurité physique du juge d’instruction et l’environnement criminogène du Palais de justice situé au Bicentenaire près de Martissant », a expliqué Me Renand Hédouvile. 

Parallèlement, Me Renan Hédouville a fait allusion à un obstacle majeur à l’enquête devant aboutir au jugement de tous les présumés assassins tels que : les commanditaires, auteurs intellectuels et auteurs matériels. Pour le protecteur du citoyen, il s’agit du Premier ministre Ariel Henry, considéré comme l'un des principaux suspects dans le cadre de l’assassinat du président Jovenel Moïse. 

« Du même coup, le climat de l’insécurité régnant dans le pays est tellement atroce qu'on se demande si la Police nationale d’Haïti existe toujours, c'est cette situation d'insécurité qui oblige des Haïtiens à laisser le pays en masse », a déclaré le protecteur du citoyen. 

« Fort de ce constat, l'OPC, institution nationale étatique indépendante de promotion et de protection des droits humains, est en mesure de réaffirmer que le Premier ministre Ariel Henry constitue un obstacle majeur dans la poursuite de l'enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse », peut-on lire dans le rapport portant la signature du protecteur citoyen, Renan Hédouville En conclusion, l’Office de la protection du citoyen demande à la communauté internationale d'éviter de se faire complice du Dr Ariel Henry parce que tôt ou tard la vérité et la justice finiront par triompher. En outre, suivant l'OPC, il est donc urgent d'aider ce pays à combattre l'impunité, à renforcer son système judiciaire aux fins d'arriver à l'arrestation et au jugement de tous les criminels, les auteurs de multiples assassinats similaires à ceux de Jean Léopold Dominique, Monferrier Dorval, Jovenel Moïse et les nombreux crimes enregistrés dans les quartiers populaires de l'aire métropolitaine. Ainsi, l’OPC renouvelle sa demande en faveur d'une commission d'enquête spéciale de l'ONU afin d'épauler le juge Gary Orélien en charge du dossier sur le crime contre l’ancien président Jovenel Moïse.