L’Opc prône la création d’un climat propice aux investissements, pour combattre la criminalité en Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 17 décembre 2021 

À l’occasion de la journée internationale des migrantes et migrants, le samedi 18 décembre 2021, l’Office de la protection de la citoyenne et du citoyen (Opc) et les jeunes protecteurs du citoyen (Jpc) appellent l’État en Haïti à trouver des stratégies efficaces, pour combattre la criminalité et, ainsi, favoriser un climat propice aux investissements dans le pays. 

Cette démarche pourrait provoquer la réduction du taux de chômage, a souligné Me. Greef Bouloge Pétion, directeur de protection des droits humains à l’Opc, lors d’une cérémonie spéciale, le 17 décembre 2021, au Bureau de médiation et de vulgarisation juridique de l’Opc à Delmas, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse. 

A Martissant, dans la périphérie sud de la capitale, Port-au-Prince, la Police nationale d’Haïti (Pnh) peine toujours à rétablir la sécurité sur ce tronçon de route, qui donne accès vers une partie du département de l’Ouest ainsi que les départements du Sud-Est, du Sud, de la Grande Anse et des Nippes (Sud-Ouest d’Haïti). 

Le phénomène de détournement de véhicules et les cas de kidnapping perdurent à Martissant, particulièrement depuis le 1er juin 2021, quand les gangs armés ont forcé plusieurs milliers d’habitantes et d’habitants à abandonner la zone. 

L’État haïtien doit créer des conditions sociales favorables, permettant à toutes les Haïtiennes et à tous les Haïtiens de vivre convenablement dans le pays, souhaite l’Opc. 

L’office de la protection de la citoyenne et du citoyen préconise, parallèlement, une augmentation du budget alloué à l’Office national de la migration (Onm), pour un meilleur accompagnement des migrantes et migrants, pendant et après leur arrivée en Haïti. 

La population doit être aussi sensibilisée sur les voyages illicites. 

« Le 17 novembre 2021, les autorités dominicaines ont expulsé plus de 400 jeunes filles et jeunes garçons, en Haïti, dans des conditions inhumaines. La majorité de ces jeunes ne disposent même pas d’un passeport pour s’identifier. Entre août 2020 et août 2021, elles ont expulsé plus de 17,500 jeunes, qui n’avaient pas de papiers. Le 30 octobre 2021, le gouvernement américain a déporté plus de 112 migrants en situation irrégulière », déplore Me. Jerry Pierre Gilles, chef de service des rapatriés et de déportation à l’Opc. 

L’État en Haïti doit combattre le phénomène de l’insécurité, qui contraint les jeunes à quitter le pays, préconisent, de leur côté, Séguy Pierre et Roudenel Antoine, jeunes protecteurs du citoyen (structure formée par les lauréates et lauréats du concours de textes et de reportages sur les droits humains de l’Opc, depuis 2017). 

Ces jeunes protecteurs demandent, entre autres, aux autorités de mettre en place des politiques publiques de bonne gouvernance, en construisant des écoles et universités pour la transmission de formations de qualité, à voter une loi sur le stage obligatoire pour les jeunes universitaires. Ce qui pourrait, ainsi, contribuer à diminuer la migration des jeunes pour cause de chômage et de misère. 

« Mettre à profit le potentiel de la mobilité humaine », est le thème retenu, cette année 2021, à l’occasion de la journée internationale des migrantes et migrants.