Plusieurs blessés dont des travailleurs de la presse lors d'une manifestation pour réclamer le départ de la MINUSTAH
Port-au-Prince, le 14 septembre 2011 - (AHP) -
Des agents du Corps d'Intervention et de Maintien d'Ordre (CIMO) ont dispersé mercredi à coups de matraque et de gaz lacrymogènes, une manifestation d'une groupe d'organisations de la société civile et du secteur etudiant pour réclamer le départ des casques bleus du pays.
Les manifestants lançaient sur leur parcours des slogans hostiles à la mission onusienne et accusaient les casques bleus d'être responsables de beaucoup de malheurs qui frappent le pays notamment l'épidémie de choléra.
Arrivés dans l'aire du Champ-de-Mars qui abrite un vaste camps de réfugiés, mais où les protestataires avaient été interdits d'accès, non loin du palais presidentiel, les agents de la police ont recouru à l'usage de matraques et de gaz lacrymo pour les disperser. Ils ont en retour essuyé des jets de pierre lancés par les manifestants, une ambiance explosive a alors régné dans la zone.
Plusieurs personnes ont été blessées par la police dont deux journalistes: David François de Canal 11 et Lerette Johanne de radio Scoop FM
Les manifestants ont quand même affirmé leur détermination d'aller jusqu'au bout de leur combat contre la presence en Haïti ds casques bleus.
"Ce sont eux qui ont introduit le choléra dans le pays, il violent nos filles et nos garcons, se livrent à des actes de pédophilie et ils volent aussi, c'est un bilan nettement négatif qu'on peut dresser de la présence de la Minustah dans le pays, ont scandé des manifestants.
D'autres ont fait savoir que c'est une force de destabilisation qui n'a plus sa place dans le pays, tout en appelant les différents secteurs de la société à rejoindre la lutte en faveur du départ de la Minustah. Ils ont demandé au president Michel Martelly de faire un choix entre la Minustah et la population
Hervé Saintilus, l'un des chefs de file du mouvement, a lancé un appel à tous ceux qui sont conscients du fait que la Minustah n'a plus sa place dans le pays à rejoindre les rangs de la protestation. Il a dénoncé le comportement des agents de la Police Nationale d'Haiti (PNH) qui, dénonce-t-il, ont fait un usage abusif de gaz lacrymogenes dans un espace occupé par des sans-abris, notamment des femmes enceintes et des enfants.
Les sinistrés ont également été très critiques vis-a-vis des policiers. Certains d'entre eux estiment que l'usage abusif de gaz lacrymogenes peut avoir de graves conséquences sur la santé des personnes vivant sous les tentes.
Le porte-parole du chef de l'Etat Lucien Jurat, a confirmé que la Présidence avait recommandé que la manifestation ne passe pas au Champ-de-Mars, cela, dit-il, dans un souci de préserver les vies et les biens des victimes du 12 janvier qui y vivent.
Il y a toujours des risques de dérapage durant les manifestations et nous savons ce que cela représente pour les personnes qui vivent dans les camps. Voila pourquoi, il était prévu que la manifestation évite l'aire du champ-de-Mars", a dit Lucien Jurat, qui reconnait cependant que tout citoyen a le droit de manifester mais dans un cadre légal bien défini.
Pour ce qui est du départ des casques bleus que ne cessent de réclamer différentes organisations de la société civile, Lucien Jurat a fait savoir que c'est une volonté exprimée par M. Martelly depuis qu'il était en campagne. Il a toujours dit que les soldats onusiens ne doivent pas rester indéfiniment au pays, mais il ajoute que cela doit se faire de manière ordonnée et organisée.
Lucien Jurat a dit également reconaitre que, pour tout haitien, la présence de soldats étangers sur le sol national constitue un affront à l'orgeuil national.
Il a aussi précisé que pour arriver au départ de la Minustah, il faut avoir dans le pays, une force nationale de défense, rappelant que, malgré les efforts consentis par la PNH, ces agents éprouvent des difficultés a faire leur travail.
Parallèlement, des anciens soldats des ex-Forces Armées d'Haiti (FAd'H) ont paradé mercredi a Port-au-Prince en tenue militaire en vue d'exiger la remobilisation de l'armée. Ils ont rappelé que le chef de l'Etat avait promis, durant sa campagne, qu'il allait travailler à la mise sur pied d'une force de défense nationale dans la perspective d'un départ des soldats onusiens.
Des soldats des anciennes forces armées dont feu Ravix Rémicinthe, avaient fait une douloureuse expérience sur la qiuetion du retour de l'Armée d'Haïti, promesse qui leur avait été faite lors des mouvements violents anti-Aristide de 2004..
Au lieu de la remoblisation de l'Armée, Ravix et d'autres anciens militaires qui comencaient à devenir embarrassants, ont plutôt été expédiés ad patres dans des circonstance aujourd'hui encore confuses, sous le régime intérimaire de Gérard Latortue.
Autre manifestation ce mercredi a Port-au-Prince. Celle-là a été organiséepar des membres de la BMJM (Base de Michel Joseph Martelly) qui avaient gagné les rues pour exiger leur part du gateau national. Ils ont demandé leur intégration dans l'administration publique, notamment au niveau des délégations départementales.
Le coordonateur de la BMJM, Sauveur Gay, a justifié ce mouvement par le fait que les membres de la base, aurait pris une part active à la campagne electorale de Michel Martelly. Les manifestants, qui étaient quelques dizaines, exhibaient pour la plupart, un bagde a l'effigie de Michel Martelly.


