Martelly: honte présidentielle, honte nationale
Par Fanfan La Tulipe
Haiti Liberté:édition du 29 février au 6 Mars 2012
Dans le passé, je n’ai jamais eu l’occasion d’assister aux ébats lubriques, vulgaires et obscènes, de Michel Joseph Martelly durant les défilés de carnaval soit à Port-au-Prince, à Brooklyn sur Eastern Parkway ou ailleurs. Mais quel choc ! Quelle agression à ma rétine et à la plus élémentaire pudeur ! Quel saisissement, quel atterrement, quel choquant bouleversement, lorsque j’ai eu fini de regarder la video «Sweet Meeky roi Carnaval» que m’a fait parvenir un compatriote vivant à Montréal.
Apparemment, cette video remonterait à une date antérieure à l’élection de Martelly ; elle n’en montre pas moins le côté pathologique du mec. Je n’ai pas pu résister à ce sentiment de répulsion, de dégoût, d’écoeurement, de honte, d’avilissement et de flétrissure morale que m’a causé le comportement animal, bestial, grossier, de celui qui grâce aux combines nocturnes du président du CEP et de l’ambassade américaine allait devenir le premier mandataire de la nation haïtienne. Une autre video m’est parvenue, le même jour, montrant le président sur le char carnavalesque de Dyakout No.1, durant le récent carnaval des Cayes. Quoique bien moins obscène que la première, elle montre néanmoins l’aisance avec laquelle Martelly évolue, à son âge, dans un univers grouilladant, déshonorant et dégradant, en flagrant et choquant contraste avec sa fonction de chef de l’Etat.
Revenons à la plus ancienne video, la video de la honte. On reste abasourdi, sidéré, stupéfié, médusé, effaré même, de voir comment un individu, potentiellement un président de la république, a pu se comporter non seulement comme un vulgaire badaud désoeuvré, un ti vakabon des rues qui n’a d’autre passe-temps, d’autres joies que de se déhancher au rythme des rythmes carnavalesques, mais comme un pantin désarticulé et obscène, associant les gestes et gesticulations les plus méprisables aux propos les plus orduriers, les plus abjects, les plus grossiers, les plus répugnants. Même Jean-Claude Duvalier, tout bonbonfle et puéril qu’il était, n’a jamais eu l’idée morbide de s’exhiber aussi honteusement, aussi bassement que l’a fait Michel Martelly durant ce carnaval passé, malgré son règne de terreur et d’obscurantisme.
Déhanchements lubriques, mimique de copulation entre lui, Martelly, et un autre mec, propos orduriers se rapportant à l’acte, invitation non voilée à l’acte copulatoire lui-même, gros mots sales provocateurs lancés à gorge déployée, usage sans retenue d’un vocabulaire dévoyé, strident, se rapportant tant aux organes sexuels féminin et masculin qu’aux fesses et à l’orifice anal, port d’une culotte bikini de femme
(ou d’un slip pour homme ?) assorti de déhanchements choquants, lascifs de «sisi», voilà les différents éléments d’un spectacle avilissant et de très mauvais goût à donner un haut le coeur que le sieur Martelly a offert aux jeunes, aux plus jeunes et aux moins jeunes du pays dont beaucoup semblaient, lors, avoir été transportés par les plus sordides grivoiseries. «O mon pays, si triste est la saison qu’il est venu le temps» pour un musicien de parler par signes lascifs et orduriers.
Choquante et dégradante a été l’image du président en pleine extase grouilladante. pendant le carnaval des Cayes. Pourtant, un médecin, un certain Kény Bastien, a perdu tout sens de l’éthique et de l’esthétique au point d’accoucher sur le Net, peut-être dans la souffrance et au forceps, un texte assez laborieux, intitulé : «Notre président est l'incarnation de notre momentum historique» (sic). Sans rire, le confrère, comme tombé sur la tête, avance : «J'ai attentivement observé Monsieur Martelly, se déhanchant sur le char carnavalesque. J'ai éprouvé pour l'homme, une sympathie muette, cela, pour avoir cru lire, à travers ses gesticulations, l'expression d'une souffrance intense et un désir irrésistible de rendre à Haïti, à sa manière, une noblesse perdue» (resic). Non, cher confrère, vous avez justement «cru lire», mais vous vous êtes trompé. En fait, vous divaguez, car Martelly, pendant bien longtemps, n’a vécu que dans le ruisseau limoneux de ses comportements malsains, grotesques, bouffons et orduriers.
Bastien nous apprend que : «L’internationale, la Minustah, Clinton s’acharnent à offrir au monde entier, le spectacle avilissant d’une Haiti affligée », tout en faisant mine de ne pas savoir que ce sont justement ces trois Satan qui nous ont imposé Martelly lors d’«élections» scandaleusement manipulées, ce même Martelly offrant depuis belle lurette le spectacle affligeant de ses pitoyables et piteuses clowneries carnavalesques. Adoptant une posture nationaliste (propre aux duvaliéristes macoutards) le toubib Bastien découvre une Haïti «dépouillée, extorquée, violée, dévalisée, dépossédée» par les trois Lucifer kòn siye, «qui nous divisent entre nous... interceptent comme des voleurs le secours des bons samaritains... élèvent systématiquement tout ce qui nous abaisse... ne nous laissant aucun choix que celui de répéter notre propre histoire: VIVRE LIBRE OU MOURIR!» Ha, ha, ha ! Bastien grenadier à l’assaut ! Pran san w, mon cher. N’ayant pas eu accès à la mangeoire de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), la moutarde du dépit vous est montée au nez, vous avez pris le mors nationaliste aux dents et avez rué dans les brancards macoutoduvaliéristes. Du calme.
Continuant sur sa lancée duvaliéro- romantique, notre Bastien ‘‘poétise’’: « J’ai regardé le président de notre république, danser notre souffrance avec une joie toute triste». Ma parole, Bastien, il ne dansait pas notre souffrance. Ou gen foli poète. Ce que fait le mec depuis longtemps, c’est plutôt grouillader, exposer ses fesses, cracher sans retenue aucune des injures obscènes, insulter les femmes dans ce qu’elles ont de plus intime. N’allez pas me dire que vous avez «compris la danse tragique qu’il s’est vu condamner à offrir à l’Internationale...», et que vous avez «pourtant vu dans son regard qu’il souffrait». Sans blague, doc. Drôle de souffrance ! Deux ans depuis que les rescapés du tremblement de terre croupissent dans des camps de misère. Qu’a-t-il fait ce président au passé de ninja pour soulager le malheur de ses compatriotes prostrés dans l’adversité. Voyons, vous déconnez, cher collègue. Allez donc sur You Tube et découvrez sur ‘‘yvonsurpris’channel’’ quelques videos montrant la «souffrance» dévergondée de votre homme-momentum.
Apparemment, l’âme lamartinienne de Bastien aurait vu que Martelly « souffrait de voir notre pays surpeuplé d’analphabètes. Il avait mal de voir qu’Aristide, Bellerive, Préval, au lieu de l’encadrer, persistent à prolonger l’agonie du pays». Dites, Bastien, il vous a poussé dans la bouche une dent radòt. Ce sont plutôt les comportements grossiers tant en public qu’en privé de Martelly, sa morgue outrancière, son goût indiscutable pour la bagarre, pour la controverse, son mépris déclaré pour la presse et le Parlement, ses menteries, effronteries, ticoulouteries, tuiperies, son naturel autoritaire et dictatorial à décider de façon unilatérale sans consulter personne, à être partout pour s’exhiber, oui, ce sont ces traits scabreux du personnage politique qui «persistent à prolonger l’agonie du pays», car la présidence est une tribune pour Martelly de donner libre cours à ses états d’âme aussi bien qu’à des fantasmes refoulés sans doute depuis l’adolescence.
«Il dansait de se voir incompris par une génération d’intellectuels au verbe haut, mais poltrons», écrit Bastien. Au moins, une fois, mon confrère a dit vrai. Capons et opportunistes, ils n’ont pas eu le courage de dénoncer les exactions, violations des droits humains et crimes perpétrés pendant les deux années du régime Alexandre-Latortue. Continuant de déblatérer, Bastien poursuit :«Il exécutait, la rage au corps, la chorégraphie de la mort, celle de notre vraie culture». Non mon cher confrère, vous faites erreur. La chorégraphie de la mort, c’est la culture du duvaliérisme petegrenn, arriéré, sadique, pervers, corrompu, vicieux et sanguinaire.
Notre vraie culture, ti papa, celle du peuple haïtien, c’est une culture de résistance, résistance à tous les malheurs et à toutes les épreuves ; une culture du courage et de l’honneur. Nous résistons depuis Caonabo. Nous fûmes les ‘‘marrons de la liberté’’. Nous avons résisté pacifiquement et victorieusement à la dictature sanguinaire duvaliérojean- claudiste presque trentenaire. Notre culture s’alimente au men anpil chay pa lou qui aujourd’hui aide les masses à survivre aux bourrasques du néolibéralisme.
«Toutes les institutions de gouvernance inexistantes... (la faute à qui si ce n’est au président lui-même qui depuis son accession au pouvoir n’a fait qu’accumuler gaffe après gaffe, bagarre après bagarre, provocation après provocation, confrontation après confrontation), «il ne lui reste que la rue, sa musique et ses compagnons de misère, le peuple haitien». Ineffable ce président qui, depuis huit mois garde ses compagnons de misère (sic) dans le sordide et l’inhumanité de camps insalubres et infects, pendant que lui voyage de façon compulsive, engloutissant ainsi des milliers de dollars, se fait inviter au sommet de Davos à coups de millions, gaspille l’argent du contribuable pour se payer le luxe de jets privés, sans oublier l’opacité d’encre qui cache les sommes générées par les transferts d’argent et les appels téléphoniques.
«Notre président a choisi de danser pour nous». Vous vouliez sans doute dire: notre président a choisi de grouillader de façon obscène, sans respect pour la première magistrature, sans respect pour la majorité qui se respecte. «Il s’est servi de la seule arme dont il dispose, sa musique». Alors là, s’il n’a que sa musique (son arrogance outrancière et ses propos vulgaires) pour gouverner, s’il n’a rien d’autre comme instrument de réussite politique au profit de la majorité souffrante, comme vision pour son gouvernement, s’il n’a même pas l’étoffe d’un chef d’Etat, que diantre s’est-il donc porté candidat ? Que diantre ne démissionne-t-il pas ? «Tout le monde veut le clouer au pilori. Tout le monde lui reproche son passé de saltimbanque », renchérit Bastien. Avec raison, car la fraction saine du pays ne saurait s’accommoder des honteuses extravagances d’un saltimbanque doublé d’un grossier personnage. «Cet homme se tient debout tout seul», renseigne Bastien. Oui, seul, avec sa milice rose prête à en découdre avec les «ennemis» du pouvoir. Seul, avec des énergumènes violents du type Roro Nelson qui a failli ‘‘étouffer’’ un député. Dixit Martelly luimême, sans gêne aucune.
En fin d’article, le docteur Bastien a pris le dangereux risque de poser la question : «Que ferons-nous, face à la solitude du président Martelly et du peuple haïtien?» Et de nous assommer sans coup férir d’une réponse très surprenante sous forme d’une élucubration : «Le président Michel Martelly est, sans conteste, l’incarnation de notre momentum historique». Non, mon cher ami, vous divaguez, vous radotez, vous déraisonnez, vous déraillez, vous délirez. Michel Joseph Martelly, fantasque, imprévisible, gratuitement arrogant, bagarreur et insolent, dévergondé et obscène comme il se présente à nos yeux a sacrément besoin d’une évaluation psychiatrique. Il est bien temps qu’on le dise haut et fort.
Les propos irrévérencieux, grossiers et ignominieux de l’homme, sa nature imprévisible et fantasque, son goût marqué et morbide pour un exhibitionnisme provocateur ne sont pas la marque d’un individu normal. Si vous êtes psychiatre, cher docteur Bastien, vous êtes assurément bien placé pour lui offrir une consultation (gratuite, s’il vous plaît) suivie d’un traitement de longue haleine, car le zigoto est simplement cinglé. Autrement, adressez-vous au docteur Harrisson Ernest, psychiatre et journaliste à Signal FM. On le dit intéressé particulièrement aux cas rares, justement celui de votre président-momentum- macoutum-duvaliérum-noutout- nan-tchouboum.
En conclusion, Martelly est une honte présidentielle, une honte nationale. On reste abasourdi, sidéré de voir l’aisance avec laquelle Martelly évoluait, il n’y a pas longtemps, dans un univers grouilladant, déshonorant et dégradant, en flagrant et choquant contraste avec sa fonction, aujourd’hui, de chef de l’Etat Michel Joseph Martelly: pantin désarticulé et obscène, associant les gestes et gesticulations les plus méprisables aux propos les plus orduriers, les plus abjects, les plus grossiers, les plus répugnants, lors d’une ancienne performance carnavalesque.


