Mise en garde de plusieurs organisations face à la concentration du pouvoir politique entre les mains d’Ariel Henry en Haïti

Écrit par Alter Presse, Haïti, publié le 13 janvier 2023 

Plusieurs partis politiques et organisations dénoncent la concentration du pouvoir entre les mains du premier ministre de facto Ariel Henry, en Haïti, à la fin du mandat, le lundi 9 janvier 2023, des dix sénateurs qui étaient restés en fonction au sénat, après le départ des députés et de deux tiers du Grand corps, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse. 

Les protagonistes politiques devraient trouver un accord sérieux, en vue d’une issue à la crise actuelle, encourage le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance, dans un entretien à la plateforme AlterPresse/AlterRadio. 

Cet accord devrait déboucher sur la gouvernance du pays avec des femmes et hommes compétents et capables de renforcer les institutions et protéger les citoyens contre les actes arbitraires, estime t-il. 

La concentration du pouvoir entre les mains du premier ministre de facto Ariel Henry représente un grand danger pour Haïti, fait remarquer, dans une interview à AlterPresse le principal dirigeant du parti politique Force louverturienne réformiste, Emmanuel Ménard, pourtant signataire de l’accord du 21 décembre 2022, dit accord de « consensus national », avec Ariel Henry. 

Le parti politique Force louverturienne réformiste interprète l’absence d’élus en Haïti comme une preuve que le pays n’est plus sur la voie démocratique, tout en estimant urgent de trouver un consensus large pour aider Haïti à reprendre le chemin de la démocratie. 

Les protagonistes politiques, qui sont toujours à couteaux tirés, ne peuvent pas s’entendre sur un accord politique inclusif. 

Face à la mésentente entre les protagonistes politiques, le coordonnateur national du parti politique « En Avant », l’ancien député (2016 - 2020) Jerry Tardieu, encourage un sommet politique entre les signataires de l’accord du 21 décembre 2022 et toutes les forces vives du pays, afin de trouver une solution à la crise politique, lors d’une déclaration à la presse, le jeudi 12 janvier 2023. 

Cet éventuel sommet, qui devrait être axé sur des points liés à la gouvernance sous sa forme bicéphale et monocéphale, à la sécurité et l’économie, aux élections et à la Constitution, serait une bonne formule pour sortir Haïti de cette crise macabre, affirme Tardieu, soulignant la nécessité de s’unir. 

Le parti politique « En Avant » appelle à trouver des moyens, pour réunir les forces politiques et la société civile, à travers un sommet politique bien organisé, dans la perspective d’un accord véritablement consensuel. 

« On doit apprendre des pays, qui ont dû faire face aux mêmes situations. Beaucoup de pays africains ont réussi à parvenir à un bon consensus, leur permettant de sortir de la crise difficile, à laquelle ils faisaient face ». 

La multiplication des propositions d’accords montre combien tout le monde voudrait trouver une solution. Mais le consensus recherché ou la légitimité sont toujours introuvables pour définir ensemble une feuille de route, déplore le parti politique « En Avant ». 

La proposition d’accord du 21 décembre 2022, dit de consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes de l’équipe de facto au pouvoir, est jugée comme une démarche démagogique et partisane par plusieurs secteurs. 

Le département d’État des États-Unis d’Amérique déclare souhaiter un consensus plus large autour de la proposition d’accord politique du 21 décembre 2022, signé entre le premier ministre de facto Ariel Henry, des représentants de partis politiques, du secteur privé des affaires et d’organisations de la société civile 

Publié dans le journal officiel « Le Moniteur », le 3 janvier 2023, ce document dit de « consensus national », signé, le 21 décembre 2022, par le premier ministre de facto Ariel Henry et plusieurs représentants de partis politiques et d’organisations de la société civile, a été rendu public, le mercredi 11 janvier 2023. 

Le dit accord prévoit la mise en place d’un Haut conseil de la transition (Hct) et d’un organe de contrôle de l’action gouvernementale (Ocag). 

Organe de transition appelé à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement de facto, le Htc aurait pour mission de créer les conditions politiques et sociales pour le retour à l’ordre constitutionnel, à travers des élections libres, crédibles et transparentes, et de promouvoir le dialogue politique entre les acteurs. 

Entre-temps, les autorités judiciaires et policières n’arrivent toujours pas à mettre un frein aux activités criminelles des gangs armés qui opèrent, en toute impunité, dans le pays, particulièrement dans la capitale, Port-au-Prince. 

Les taux de criminalité et de kidnapping demeurent encore très élevés sur le territoire national. 

Un pouvoir impuissant face à la criminalité 

Le Réseau national de défense des droits humains alerte sur une aggravation de la situation sécuritaire en Haïti, sous le gouvernement de facto d’Ariel Henry, installé depuis le 21 juillet 2022, à la suite d’un tweet de la communauté internationale. 

Les institutions se dégradent, pendant que la Police nationale d’Haïti (Pnh) n’arrive pas à accomplir sa mission principale, qui est de protéger et servir. Beaucoup de policiers nationaux sont de connivence avec les gangs, fustige-t-il. 

Réagissant au climat de terreur, qui règne en Haïti, le porte-parole du parti politique Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod), Rafaël André, critique l’impuissance du gouvernement de facto Ariel Henry à résoudre le problème de la criminalité. 

Tirant profit de l’insécurité généralisée, le pouvoir de facto actuel n’a jamais défini une politique de sécurité, permettant l’arrestation des auteurs des crimes perpétrés sur le territoire national, dénonce le parti politique Mopod, interrogé par AlterPresse. 

Le parti politique Mouvement patriotique populaire dessalinien appelle à la mise en place d’une politique de sécurité, applicable sur le territoire national, et au renforcement de la Pnh.