Premier revers public du référendum inconstitutionnel et illégal de Jovenel Moïse à Jean Rabel, Nord-Ouest d’Haïti

Par Alter Presse, Haïti, publié le 6 mai 2021 

Des menaces du régime de facto à l’encontre de protestataires, dont l’avocat Andalas Mertilus 

Le projet de référendum inconstitutionnel et illégal du président de facto Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin depuis le 7 février 2021, a essuyé son premier échec dans la commune de Jean Rabel, dans le département du Nord-Ouest, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse. 

Une délégation du Conseil électoral provisoire (Cep) contesté a été contrainte de laisser la ville de Jean Rabel, dans moins de 24 heures, après une tentative visant à organiser, le mardi 4 mai 2021, une campagne de sensibilisation autour du projet de référendum, interdit par la Constitution. 

Devant un panel, constitué d’un conseiller électoral et de responsables de Bureaux électoraux départementaux (Bed) et de Jean Rabel, qui s’apprêtaient à débuter l’activité de lancement de cette campagne, l’avocat Andalas Mertilus n’a pas hésité à dénoncer non seulement les membres du Cep, qu’il considère comme illégaux, mais aussi le projet de référendum. 

Les membres du Cep demeurent illégaux, parce qu’ils n’ont pas prêté serment devant la Cour de cassation, a rappelé Me. Andalas Mertilus. 

En signe de solidarité, les personnes présentes sur le lieu ont décidé de bouder l’initiative, après les arguments avancés par l’avocat. 

« Nous avons sommé ces gens de laisser la ville de Jean Rabel, dans 21 minutes », explique à AlterRadio/AlterPrese, l’avocat Andalas Mertilus. 

Le lancement de la campagne, pourr le projet de referendum inconstitutionnel et illegal, par la délégation, a essuyé 2 échecs successifs, notamment à Port-de-Paix et Saint-Louis du Nord, suite aux mobilisations des citoyennes et citoyens de ces zones, souligne Mertilus. 

En termes de réalisations, les attentes de la population, envers l’équipe au pouvoir, n’ont pas été satisfaites, laisse entendre l’avocat. 

« Le pouvoir commence à exercer des pressions et menaces à notre encontre, depuis mardi (4 mai 2021). Il y a eu des tentatives à Jean Rabel pour nous assassiner. Heureusement, la population nous a soutenus », fait savoir Adalas Mertilus, pointant du doigt des gens en uniformes de police. 

« Deux véhicules du Cep nous ont empêché d’entrer à Port-de-Paix. Nous avons pu, quand même, passer, grâce à une tentative de notre chauffeur, mais nous n’avons pas pu emmener chaque personne faisant partie de note délégation chez elle », déplore-t-il. 

Andalas Mertilus, également membre du Mouvement pour la libération d’Haïti (Mola), dénonce l’arrestation du chauffeur, toujours maintenu en garde à vue, tout en condamnant la dictature mise en place par le président de facto Jovenel Moïse. 

Il appelle la population entière à imiter que ce qui s’est passé au Nord-Ouest, pour que cela puisse provoquer « un effet domino », signalant combien, dans l’histoire haïtienne, Jean Rabel [1] représente un véritable foyer de résistance et de combat face au régime dictatorial. 

Jovenel Moïse veut, à tout prix, organiser, en juin 2021, un référendum illégal, interdit par la Constitution, et, en septembre 2021, des élections irrégulières , malgré la grogne exprimée par les forces vives de l’opposition contre ces tentatives qui viseraient, selon elles, à installer une dictature dans le pays.