Que complotent Ariel et Abinader ?

Par Haïti Liberté, édition du 10 au 16 novembre 2021 

Tout le monde est au courant du différend existant entre le ministre haïtien des Affaires étrangères et des Cultes, Claude Joseph, au président de la république voisine Luis Abinader suite à une question d’insécurité dans les deux pays qui a fait exploser le président dominicain. 

Ce que tout le monde peut constater si Luis Abinader n’avait pas d’autres intentions cachées, il ne saurait réagir de la sorte. En fait, au lieu d’attaquer la source du message, qui donc le gouver-nement des Etats-Unis, il est monté au créneau au contraire contre celui qui lui a simplement rappelé le contenu du libellé. 

Suite à cet incident diplomatique, la majorité du peuple haïtien se porte solidaire avec leur chancelier, à l’exception du Premier ministre Ariel Henry qui jusqu’à nos jours n’a rien déclaré publiquement de sorte que le peuple puisse situer clairement sa position. 

Soudainement, et au grand étonnement de plus d’un, le président Luis Abinader, lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 3 novembre 2021, a informé son peuple qu’il a eu ce jour même un entretien avec le premier ministre haïtien. Dans quel but et à quel sujet? Pourtant, Ariel lui-même ne l’a pas trouvé nécessaire de mettre la population au courant de cet entretien ni des retombées. N’est-ce pas en quelque sorte une illustration du mépris de la classe des nantis qu’il représente à l’égard du peuple haïtien ! 

De l’autre côté, Abinader a tout dévoilé à sa population. Il l’a même expliquée que le Premier ministre haïtien «  n’était pas d’accord avec la communication `` imprudente `` de son ministre des affaires étrangères, Claude Joseph envers le gouvernement dominicain qui a déclaré sur les réseaux sociaux que la République dominicaine connaît une augmentation de la criminalité ». 

Ariel le nouveau Conzé haïtien, pour sa part a attendu jusqu’au vendredi 5 novembre quand il désignait Daniel Supplice, ancien ambassadeur d’Haïti en République dominicaine en février 2015 comme émissaire en République Dominicaine, pour confirmer la nouvelle de cet entretien télé-phonique avec le président Abinader. Et pour ajouter qu’il a passé des instructions au Ministère des affaires étrangères de prendre des dispositions pour faciliter le voyage de l’émissaire, afin que ce dernier puisse bien remplir sa mission. Cela signifi e sans doute que le gouvernement n’est pas sur la même longueur d’onde dans cette crise. Pourquoi envoyer un émissaire quand nous n’avons été fautifs de rien ? Est-ce pour supplier le patron voisin de l’île de pardonner les déclarations de Joseph? 

Mais, ce n’est pas la première fois que Claude Joseph a confronté Luis Abinader. Rappelons qu’au cours de sa dernière visite en terre dominicaine au mois de novembre de l’année dernière, il avait fait la leçon au président en lui faisant comprendre  : «  La rhétorique négative des autorités dominicaines à l’égard d’Haïti doit être bannie. Ces discours négatifs doivent être rejetés. Ce n’est pas bon pour Haïti ou la République dominicaine» 

«Les relations entre nos deux pays ont comme particularité d’embrasser tous les thèmes et tous les contours de la vie d’une société. Est-ce bien pour cela que nous nous devons de penser et d’orienter ces relations selon une approche holistique, de faire en sorte de prévenir ou d’éviter toutes les situations de tension ou de conflit qui ne peuvent qu’être préjudiciables aux intérêts supérieurs des deux nations» 

Entre temps, le gouvernement dominicain s’organise. Au cours d’une réunion avec 30 organisations politiques du pays autour de la crise en Haïti, ils ont mis sur pied une structure composée de huit partis dont les quatre majoritaires: le Révolutionnaire moderne (PRM), le Parti de la libération dominicaine (PLD), la Force populaire (FP) et le Réformiste social chrétien (PRSC). La minorité est en attente de sélection. Le rôle de cette structure est de suivre et de concerter sur la crise sociale et politique en Haïti, dans le but de rechercher une solution et de protéger la frontière du côté dominicain. Selon les médias dominicains, toutes les organisations étaient d’accord avec les mesures entamées par leur gouvernement pour protéger la frontière. 

Pourtant, du côté haïtien, qu’estce qu’on en train de faire? Personne ne sait rien, même l’objectif du voyage de Daniel Supplice en République Dominicaine n’a pas été dévoilé. Des observateurs se demandent alors pourquoi l’Ambassadeur accrédité au territoire voisin, Smith Augustin n’a pas même été rappelé pour de plus amples informations, tel serait le premier devoir d’un gouvernement sérieux et honnête. 

Peut-on construire un pays avec ces types d’hommes de la trempe d’Ariel Henry? Assurément non ! Sûrement il a déjà oublié ses conversations avec Abinader. 

D’autres en plus, il est bruit qu’au cours de l’entretien avec Ariel, Abinader lui aurait demandé de révoquer le ministre des Affaires étrangères Claude Joseph sans doute pour manque de dégâts à son supérieur hiérarchique et que Ariel aurait accepté. 

Par ailleurs, des haïtiens immigrés en Dominicanie se préparaient le lundi 8 novembre à manifester vers les 10h du matin devant le Palais National dominicain pour exprimer leur colère face au projet raciste de l’administration d’Abinader à travers les nouvelles mesures migratoires. Malheureusement, ils n’ont pas eu la chance d’exprimer démocratiquement leur droit puisqu’une poignée de Dominicains ont occupé très tôt la place en signe de solidarité avec leur gouvernement tout en lançant des propos hostiles aux haïtiens «Nous n’avons pas peur. Les seuls qui ont le droit de manifester ici sont les Dominicains » 

Sans doute Ariel Henry veut-il nous faire revivre la honte inoubliable sous le gouvernement du président Sténio Vincent ? Dans cette perspective, il nous faut comprendre le combat que nous devions mener contre ces apatrides imposés par les puissances dominantes pour procéder à la destruction du pays. 

A ce compte, le peuple haïtienne doit pas rester indifférent et accepter n’importe quoi sans aucune réaction face aux manoeuvres antinationalistes du régime en place, des traîtres qui n’ont aucune velléité de défendre les causes nobles du pays.