Que personne ne pense que l’impérialisme va un jour aider le Venezuela » !

Ecrit par Luigino Bracci,  Haiti Liberte, 5 au 11 mars 2025 

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a accueilli une grande manifestation de partisans cha-vistes au palais de Miraflores, à Caracas, en commémoration des événements du soulèvement de Caracazo survenus le 27 février 1989. Il a également profi té de l’occasion pour rejeter la stigma-tisation des migrants vénézuéliens promue par María Corina Machado, et pour répondre indirecte-ment aux nouvelles menaces de sanctions de Donald Trump. 

Au cours de la manifestation de ce jeudi 27 février, le président a déclaré que « la fasciste criminelle [María Corina Machado] réclame des sanctions contre l’économie et le peuple. Elle stigmatise et qualifie les migrants vénézuéliens de criminels et de membres du Train d’Aragua [un gang criminel notoire], et je dis au nom du peuple : ce ne sont pas des criminels, ce ne sont pas des membres du Train d’Aragua. Ce sont des migrants économiques, un produit des sanctions, et ce sont de bonnes personnes. Ce sont notre famille, ce sont nos enfants. » 

« Je rejette la façon dont María Corina Machado a décrit nos migrants comme une menace pour les États-Unis. Ce ne sont pas une menace, ce ne sont pas des criminels. Ce sont des gens humbles, des travailleurs et de bonnes personnes. » 

« Je prends la défense des migrants vénézuéliens, a ajouté le président Maduro, parce que je les aime et je veux qu’ils puissent tous rentrer sains et saufs pour qu’ils puissent participer à la cons-truction d’un Venezuela puissant, à l’entreprenariat et au regroupement familial. » 


« Je ne joue pas avec des cartes cachées. » 

Le président a également répondu tacitement à la reprise des sanctions contre le Venezuela, an-noncée hier par le président américain Donald Trump, en ordonnant la suspension des licences et des concessions pour les entreprises américaines qui achètent du pétrole vénézuélien. «L’impériali-sme, c’est le problème, a expliqué le chef de l’État. Personne ne doit penser que l’impérialisme va aider le Venezuela, jamais de la vie. Est-ce que c’est clair ? Seul le peuple vénézuélien aidera le Venezuela… Personne ne doit croire que le développement du Venezuela dépend des gringos ! Il dépend du travail, de l’inventivité, de la création et de la belle capacité du peuple à aimer notre histoire. Jeunesse, je m’adresse à vous ! Ne vous trompez pas. » 

Cependant, le président Maduro a de nouveau parlé de sa volonté de dialoguer entre égaux. « Si les gringos voulaient un jour un dialogue respectueux, entre égaux, nous le ferions, nous l’avons fait et nous le referons sans problème », a déclaré le président. « Mais si les gringos veulent continuer leur chemin de pari sur le fascisme, sur la violence au Venezuela, sur les sanctions, c’est leur problème ! Nous continuerons notre chemin d’indépendance, de souveraineté, de paix, de travail, de déve-loppement, d’harmonie. » 

« Un mot pour les sages ! Je ne joue pas avec des cartes cachées », a-t-il souligné. « Je joue avec toutes nos cartes sur la table, et c’est pourquoi nous gagnons toujours, car nous jouons avec la vérité. » 

Le président Maduro a clairement indiqué que le Venezuela doit travailler dur pour atteindre ses nouveaux objectifs, tout comme l’ont fait nos dirigeants historiques. « Quelle était la force de Bolí-var, de Sucre, d’Urdaneta? S’appuyaient-ils sur le roi d’Espagne ? », a demandé le président Madu-ro. « Le roi d’Espagne pouvait-il nous donner la liberté ? Que personne ne se trompe...nous n’avons pas mendié la liberté, nous ne l’avons pas demandée, nous l’avons gagnée en luttant. Nous l’avons gagnée avec la vérité. Nous l’avons gagnée avec le patriotisme, avec l’héroïsme. » 

« Nous ne sommes pas nés le jour des lâches ou le jour de ceux qui peuvent être soumis au chan-tage », a poursuivi le chef de l’État. « Je ne peux être soumis au chantage de personne. Je n’ai qu’un seul visage, et quiconque veut me parler, [doit venir et parler] face à face ! Avec respect, avec égalité », a-t-il déclaré. « Parce que je suis le fils de Bolívar, de Chávez et de ce peuple héroïque, et je ne cède à personne. Je ne me rends à personne et j’obéis seulement au peuple souverain de ce Venezuela héroïque. » 

« S’ils ne nous connaissent pas, qu’ils essaient de nous connaître », a déclaré le président. « Nous pouvons être très bons avec eux si on nous tend la main en bons termes. En mauvais termes, nous sommes de redoutables guerriers ! » 

Le président vénézuélien a enfin lancé un avertissement à l’opposition d’extrême droite. « Si l’oligar-chie fasciste essayait d’installer au Venezuela, par le soutien impérialiste et la violence, un régime de colonialisme économique et politique, ce que nous avons vu il y a 36 ans [au Caracazo] serait mul-tiplié par mille », a-t-il déclaré. « Il y aurait mille 27 février 1989 contre l’oligarchie, contre l’impérialis-me, et cette fois-ci ce serait un peuple organisé ! C’est pourquoi je dis, comme Chávez : « plus jamais la violence ». Le Venezuela a vaincu [la violence] et doit prendre soin et préserver la paix, l’harmo-nie, la stabilité. Nous sommes un peuple de paix. » 

Alba Ciudad 28 février 2025