Révocations et répression sur des syndicalistes

Révocations et répression sur des syndicalistes

Écrit par Yves Pierre-Louis

Haiti Liberté:edition du 5 au 11 Octobre 2011

http://www.haiti-liberte.com

Après le lancement, le 16 Septembre dernier, du Syndicat des Ouvriers d’entreprises de sous-traitance, ONE World Apparel et Genesis, établies sur le Site de la Société des Parcs-industriels
(SONAPI) situé au Nord de la capitale, une vague de révocation et de répression syndicales a été exercée sur des syndicalistes par les patrons. Le 23 Septembre 2011, le porte-parole du SOTA, Johnny Deshommes a été contraint de signer sa démission par le patron de GENESIS, après avoir refusé d’accomplir des heures supplémentaires de travail, alors qu’il était malade. Brévil Claude, Wilner Eliacint et Cénatus Vilaire, trois autres membres du Comité exécutif du SOTA ont été également révoqués deux jours plus tard. Mitial Rubin lui, a été révoqué pour avoir tenté de sensibiliser et informer les travailleurs sur la formation du syndicat et un autre proche des ouvriers syndiqués a même été victime de révocation illégale et arbitraire.

Dans une note datée du vendredi 30 Septembre 2011 et signée par Yannick Etienne, Batay Ouvriye condamne et dénonce cette vague de révocation et de répression syndicales. Les responsables de Batay Ouvriye s’étaient dits prêts à accompagner les victimes par devant la justice et l’Organisation International du Travail (OIT) afi n de mettre un frein à cette vague de violations des droits des travailleurs en Haïti.

Par ailleurs, le vendredi 30 Septembre dernier, la Plate-forme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) a organisé une conférence-débat autour du thème : « La Justice Haïtienne face au Respect des Droits des Travailleurs».

Dans un texte remis à la presse, la Plate-forme a rappelé le rôle de l’Etat Haïtien dans l’application des lois liées aux droits des travailleurs.

L’État en tant que premier défenseur des citoyens et des citoyennes doit pouvoir assurer et garantir du même coup un minimum de bien-être aux fi ls et fi lles du pays.

Cependant, les dirigeants de l’Etat Haïtien au lieu d’assumer cette noble responsabilité vis-àvis des travailleurs et des travailleuses, préfèrent appuyer la classe possédante dans la mise en place de toute une série de mesures au détriment de la classe dominée. D’ailleurs, ces mesures visent en conséquence à renforcer le système d’exploitation. Aussi, cette position de classe aggrave, de plus en plus la situation des travailleurs, travailleuses et rend même vulnérable celle de la classe ouvrière haïtienne.

Brièvement, un simple exercice en référence à la proposition de loi sur le salaire minimum, sans compter de nombreux cas de violations des droits des travailleurs et travailleuses dans les industries d’assemblage et les zones franches nous permettra de comprendre le niveau de conscience de nos dirigeants face aux travailleurs/ travailleuses en exhibant très clairement leur position anti-ouvrière, antipeuple. Il est clair que autant une société est basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, autant les droits des travailleurs seront tiujours bafoués, foulés aux pieds. La lutte pour le respect des droits humains, notamment les droits des travailleurs doit nécessairement passer par l’éradication de l’exploitation dans notre société.

L’État de droit dont nous rêvons, l’établissement d’une société juste, équitable, fondée sur la justice sociale ne pourront être effectifs que si les citoyens et citoyennes conséquents (es) s’engagent dans la lutte pour une véritable transformation sociale.