Sommet CELAC :Haïti continue de bénéficier de la Coopération Sud-Sud.

Sommet CELAC :Haïti continue de bénéficier de la Coopération Sud-Sud

Par Thomas Péralte

Les 2 et 3 Décembre 2011-Sous l’initiative du président socialiste du Venezuela, Hugo Chavez, le premier Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la « Communauté des Etats Latino-Américains et Caraïbéens » (CELAC) a eu lieu au Venezuela. C’était en Février 2010 au Mexique, que la CELAC avait pris naissance au cours du dernier sommet du groupe de Rio. Apres l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de l’Amérique (ALBA), le Traité de Commerce entre les Peuples
(TCP), l’Union des Nations Sud-Américains
(UNASUR), la CELAC s’est érigée en un instrument de résistance à l’impérialisme du sous-continent Sud- Américain.

Création de la CELAC à Caracas : « Trois mémoires pour un point de Non-retour de Notre Amérique. » ainsi intitulés les textes des accords de la création de la CELAC. Selon les instigateurs, la CELAC ne tombe donc pas du ciel, mais s’enracine dans une mémoire longue, le « bolivarianisme » auquel, le président Hugo Chavez se réfère ainsi que la marque laissée par les différents « Libertadores » de l’Amérique Latine, eux-mêmes enracinés dans de longs cycles de résistance indigène, afrolatino- américaine comme celui d’Haïti, avec Toussaint Louverture et Jean Jacques Dessalines, qui fut la première République noire libre du continent, aujourd’hui devenue le pays le plus appauvri de l’Amérique. Quelle ironie du sort !

Elle prend aussi racine dans une mémoire moyenne, la résistance au néolibéralisme et dans une mémoire proche, formée par des processus unitaires entre nations souveraines, telles que : l’ALBA, un système nourri de coopération sociale et libéré de la logique du profit. D’autres, bien que plus nuancés, comme l’UNASUR, ont déjà permis de résoudre des moments de tension, comme la tentative du Coup d’Etat contre Evo Morales en Bolivie.

La CELAC a réuni 33 pays, excluant des Etats-Unis et le Canada et elle se donne pour objectif une alternative à l’Organisation des Etats Américains
(OEA), souvent accusée d’être inféodée au capitalisme yankee. On dit la : « CELAC veut détrôner l’OEA. »

A l’ouverture de ce premier sommet, le vendredi 2 Décembre, plusieurs chefs d’Etat ont pris la parole pour justifier le bienfondé de la communauté Sud-Américaine. Le président Vénézuélien, Hugo Chavez, qui faisait sa rentrée de nouveau, en grande pompe sur la scène internationale après sa maladie de cancer courageusement supportée a déclaré : « Nous ne devons pas nous laisser guider par les idéologies au pouvoir. La CELAC est un processus indépendant du socialisme cubain, Vénézuélien ou de l’idéologie qui anime les gouvernements du Brésil, de la Colombie, du Nicaragua. La CELAC doit être une union politique et sur cette union, nous allons bâtir un grand pôle de pouvoir du XXIe siècle. Combien d’années de lutte, c’est un premier pas, ce n’est pas la victoire. Non, mais c’est un premier pas. Parce que c’est en 1820 qu’a commencé la lutte dans ce continent. Apres 300 ans de conquête, de domination, de génocide de la part des empires européens, a surgi la menace de l’empire naissant. Et Bolivar l’a prévu, l’a pressenti, l’a vu, l’a affronté. Bolivar proposa l’unité dès le congrès Amphictyonique de Panama. Mais, finalement s’est imposé le monroïsme : l’Amérique pour les américains. Et, on a cru enterrer le bolivarianisme. »

Le président mexicain, Felipe Calderon a ouvert le sommet en déclarant : « J’en suis convaincu, c’est l’heure et la décennie de l’Amérique latine, pour cette raison nous devons nous hâter vers l’intégration... »

Quant à la présidente brésilienne, Dilma Roussef ; avec CELAC : « Nos pays montrent leur volonté de créer un avenir sans ingérence d’autres pays. Le président Chavez a réitéré ses critiques vis-à-vis de l’OEA qui représente selon lui, le passé, un espace qui a été manipulé, dominé par les Etats-Unis. » Et, la présidente argentine, Cristina Fernandez a fait savoir : « Quand je vois les pays dits civilisés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens fière d’être Sud-Américaine ».

Dans les textes d’accord de la création de la CELAC, on a souligné l’importance politique de cette nouvelle unité contre la dépendance des pays du Sud. La CELAC est directement liée à la caducité de l’OEA et à son épais dossier d’interventions contre des pays qui empruntaient diverses voies transformatrices sur le continent. « L’Organisation des Etats-Américains restera tristement célèbre pour l’aval qu’elle a donné à des invasions, des coups d’Etat, voire des magnicides. L’apogée de la dépendance de l’OEA vis-à-vis de Washington fut sans doute l’expulsion de Cuba en 1962 au motif du danger qu’il représentait. L’offensive subversive de gouvernement communistes, de ses agents et des organisations contrôlées par eux. C’est sur cette base que les gouvernements nord-américains successifs ont appliqué un blocus commercial toujours en vigueur contre Cuba provoquant des pertes qu’on estime à 975 milliards de dollars. », indique-t-on.

Dans cette perspective de l’unité contre la dépendance, Haïti, un pays actuellement soumis à la dépendance des grandes puissances impérialistes, occupée par l’instrument international de domination, l’ONU, administrée par l’ex-président des Etats-Unis, Bill Clinton était présente par une délégation conduite par le président Michel Joseph Martelly. Cette délégation était composée entre autres : des ministres des Affaires Etrangères, Laurent Lamothe ; du Commerce et de l’Industrie, Wilson Laleau ; de la Planification et de la Coopération externe, Jude Hervé Day et des présidents des commissions des affaires étrangères et des finances du Sénat, respectivement, Wenceslass Lambert et Jocelerme Privert.

Avant de quitter Haïti, à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, le président haïtien a souligné que l’aide bilatérale la plus importante qu’Haïti reçoit depuis 2006 vient du président vénézuélien Hugo Chavez : « Je crois que les Haïtiens ont fini par savoir que la coopération avec le Venezuela est la coopération numéro un, celle qui offre le plus de dons et d’assistance à Haïti. », a rappelé Michel Joseph Martelly. Il a également mis l’accent sur l’importance de son voyage qui devrait lui donner l’occasion de discuter lors du sommet de la CELAC, du renforcement du programme d’aide énergétique Pétrocaribe que le régime d’Hugo Chavez offre depuis plusieurs années à Haïti et de la Coopération tripartite entre Portau- Prince, La Havane et Caracas.

Dès son retour en Haïti, le dimanche
4 décembre dernier, le président Martelly a fait le bilan de sa participation au sommet de la CELAC. Selon lui une résolution a été approuvée par
33 pays participants au Sommet pour faciliter la reconstruction d’Haïti, suite au séisme dévastateur du 12 janvier
2010. Il a remercié les deux (2) chefs d’Etat socialistes du sous-continent : Hugo Chavez et Raul Castro pour leur volonté réelle d’apporter leur solidarité à Haïti, jusqu’ à ce qu’elle dirait qu’elle ne veut pas.

Malgré que Cuba n’a pas assez de ressources, les dirigeants cubains manifestent toujours leur volonté d’aider Haïti à surmonter ses problèmes sociaux. En marge de ce Sommet, le président Martelly a profité de l’occasion pour effectuer des rencontres spéciales à des chefs d’Etat Sud-américains. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe de son côté a annoncé la visite d’exploration des hommes et femmes d’affaires vénézuéliens en Haïti au début de cette semaine dans le cadre de la politique « Haïti est ouverte à l’investissement » étranger prônée par le gouvernement Martelly/Conille.

De toute évidence, la CELAC est un organe politique multilatéral créé en 2010 dont l’objectif est de consolider l’intégration régionale et de mettre fin à la domination du Nord sur le Sud. Haïti, ayant à sa tête un gouvernement d’extrême droite, sous la dépendance des instruments de domination tels : ONU, OEA, Minustah, CIRH, Bill Clinton, est-elle prête à faire parti de ce grand regroupement Sud-américain, qui ouvre la porte à la libération totale des pays du sud ?

http://www.haiti-liberte.com