Très peu de chances que les institutions internationales de financement recommencent à octroyer des prêts à Haïti, contrairement au souhait du chef d'Etat élu, selon le président de l'AEH

Agence Haitienne de Presse, 27 avril, 2011
Le président de l’Association Haïtienne des Economistes (AHE), Eddy Labossière, a indiqué mardi qu’il y a très peu de chance que les institutions internationales de financement recommencent à octroyer des prêts à Haïti contrairement au souhait du président élu Michel Joseph Martelly.

Alors qu’il présentait le bilan de sa récente tournée américaine où il a entre autres, rencontré des responsables d’institutions internationales de financement, le président Martelly informait mardi avoir plaidé auprès de ces institutions en faveur d’une reprise des prêts à Haïti, qui avaient été suspendus après l’annulation d’une partie de la dette externe du pays.

Pour le professeur Labossière, Michel Martelly a été tres mal conseillé car il y a peu de chance que le président élu soit réellement écouté.

La décision de ne plus octroyer des prêts à Haïti avait été prise en raison de l’incapacité du payes à honorer ses engagements, a-t-il dit, soulignant que ces prêts avaient été accordés sur une longue échéance avec en plus, une période de grâce. Haïti ne pouvait plus malgré tout, supporter le fardeau de la dette, a fait remarquer Eddy Labossière.

Selon lui, il faudrait d’abord qu’Haïti puisse prouver sa capacité à produire à des fin d’exportation,. Eddy Labossière a indiqué que, depuis un certain temps, les exportations du pays ont considérablement baissé, et on ne semble pas s'en rendre compte, en raison du fait que toute l'attention est focalisée sur la politique.

De plus, selon Eddy Labossière, les prêts accordés à Haïti n’ont jamais réellement été utilisés dans un plan intégré et dans un souci de rentabilité financière de manière à permettre au pays de trouver les moyen de payer sa dette.

Ainsi donc, a-t-il dit, les institutions internationales de financement ne sont pas responsables de l‘inefficacité des gouvernements qui se sont succédés ces 25 dernières années.

"Les chances du prochain président d’obtenir de nouveaux prêts sont très minces" a sopuligné le professeur Labossière, appelant à une implémentation des politiques fiscales de manière à permettre l’élargissement de l’assiette fiscale du pays.

Il a indiqué qu’actuellement l’Etat haïtien ne perçoit que 40% des recettes (soit 36 à 38 milliards de gourdes) qu’il devrait percevoir.

Le president de l'AEH dit croire qu’avec une bonne politique fiscale et la dotation de la Direction Générale des Impôts (DGI) de moyens adéquats, il est possible de doubler de montant.

Il préconise une fois de plus une réduction des portefeuilles ministériels dans la prochaine équipe gouvernementale, soulignant qu’il y a des ministères qui absorbent beaucoup d’argent sans pourtant être réellement efficaces.

De son coté, l’économiste Camille Charlmers, secrétaire exécutif de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) a fait remarquer que c’est uniquement la BID (Banque Interaméricaine de Développement) qui a soi-disant annulé la dette d’Haïti alors que les autres institutions dont le FMI (Fonds Monétaire International) continuent d’accorder des prêts insignifiants au pays et cela, a-t- dit, en violation de l’accord voté en mars 2010.

Pour ce qui est de la BID, les 479 millions de dollars d’annulation de dette ont été repris dans le fonds voté par le congrès américain pour les victimes du tremblement de terre du 12 janvier.

Pour Camille Charlmers, qu’il s’agisse de dons ou de prêts, ce sont des instruments utilisés pour contrôler et orienter les politiques économiques nationales et favoriser un type de politique économique qui va dans l’intérêt des grandes puissances.