Une frange de l’opposition dénonce le double jeu de la diplomate onusienne Helen Meagher La Lime

Par Alter Presse, Haïti, publié le 7 mai 2021 

L’un des portes paroles du Secteur démocratique et populaire, Me. Michel André, qualifie de double jeu l’attitude de la représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Helen Ruth Meagher La Lime, par rapport au processus de référendum inconstitutionnel et illégal du régime de facto, dans un tweet consulté par l’agence en ligne AlterPresse. 

La Lime a participé, le jeudi 6 mai 2021, à une réunion autour de la planification sécuritaire, liée à l’organisation du référendum inconstitutionnel, alors que le Bureau intégré des Nations unies (Binuh) avait « qualifié ledit processus de non-inclusif et non-transparent », déplore l’avocat et militant politique. 

Aucune mission d’observation de l’Union européenne (Ue) n’est envisagée du côté de Bruxelles, pour le référendum ainsi que pour les élections, prévus cette année, a annoncé, ce jeudi 6 mai 2021, la représentante de la délégation de l’Ue en Haïti, Sylvie Tabesse, à l’occasion de la fête de l’Europe, le dimanche 9 mai 2021. 

L’Union européenne se montrée préoccupée par le manque de transparence et de démocratie du processus référendaire inconstitutionnel, entamé par le régime de facto en place. 

« Nous sommes préoccupés par le processus, qui ne correspond pas aux normes européennes, que l’on attendrait de ce type de changement, qui est un changement radical pour la société haïtienne », précise l’Union européenne. 

Un tel processus devrait être mené avec une participation beaucoup plus large de la population et offrir assez de temps nécessaire, pour que chacune et chacun puissent s’approprier du nouveau texte, qui sera soumis au référendum et voté en toute connaissance de cause, souligne l’Ue, tout en reconnaissant le droit souverain d’Haïti de vouloir changer de Constitution. 

Quant aux élections, l’Union européenne juge que les conditions, pour donner son appui financier et technique, ne sont absolument pas encore remplies, exprimant ses préoccupations sur le peu de résultats obtenus de la coopération avec Haïti. 

Aux États-Unis d’Amérique, 68 membres du congrès ont appelé le département d’État à ne fournir aucun soutien, financier ou technique, pour faciliter ce référendum interdit par la Constitution de 1987. 

Malgré ces refus et le rejet des forces vives du pays, le pouvoir en place continue d’appeler au respect de la souveraineté du pays. 

« Ce qui est fondamental et important, c’est que les amis de l’Union européenne respectent l’indépendance, la liberté et l’autonomie de chaque pays », argue Patrick Crispin, le conseiller politique et communication de Jovenel Moïse, dans une interview à AlterPresse. 

En tant que pays, Haïti détient sa loi, sa Constitution, ses dirigeants et les différents groupes organisés, qui constituent la société haïtienne. 

« Quand une telle institution internationale affirme qu’elle n’accordera point de financement, dans le cadre de notre autonomie pour le respect de la souveraineté nationale, c’est toujours bon et intéressant de dégager, dans le trésor public, les moyens pour réaliser le référendum ». 

Compte tenu du contexte politique « particulier et spécial » actuel, la voie référendaire (interdite par la Constitution de 1987) est l’une des voies politiques, qui peut être utilisée pour obtenir une nouvelle Constitution, selon Patrick Crispin. 

« Le référendum aura lieu », maintient Patrick Crispin, qui déclare appeler la population à aller voter, le 27 juin 2021, « oui ou non » pour une nouvelle Constitution. 

Pendant qu’il prétend appeler les protagonistes politiques à un dialogue, devant déboucher sur un accord politique qui éviterait au pays une catastrophe, le régime de facto s’entête à vouloir engager Haïti, par la force, dans ses projets dictatoriaux. 

Le lancement de la campagne pour le projet de référendum inconstitutionnel et illégal a déjà essuyé plusieurs échecs successifs dans le pays, notamment à Jean-Rabel et Port-de-Paix (département du Nord-Ouest), Les Irois et Anse-d’Hainault (département de la Grande Anse, une partie du Sud-Ouest d’Haïti), avec les mobilisations enclenchées par citoyennes et citoyens de ces zones. 

« Jovenel Moïse est seul dans ce projet. Personne ne le supporte. Il prend cette voie tout seul et va devoir assumer les retombées catastrophiques de son entêtement », a déclaré le sénateur Joseph Lambert sur la question du référendum de Jovenel Moïse, cité dans un article publié, dans le journal Le Nouvelliste, le 4 mai 2021.