Une frange de l’opposition souhaite l’installation, le 7 février 2022, d’un nouveau président transitoire

Écrit par Daphnine Joesph, AlterPresse, Haïti, publié le 22 déc. 2021 

Un nouveau président transitoire doit être installé à la tête du pays à la date du 7 février 2022, exige le porte-parole du Mouvement patriotique populaire Dessalinien (Mopod), Raphael André, dans un entretien accordé à AlterRadio/AlterPresse. 

« Ariel Henry est illégitime », soutient le Mopod, tout en rappelant que le mandat de Jovenel Moïse, ex-président assassiné le 7 juillet 2021, a pris fin depuis le 7 février 2021. 

Le processus de dialogue à travers l’accord de Montana du 30 août 2021 doit permettre d’aboutir à une entente avant le 7 février 2022, pour l’installation d’un nouveau dirigeant, espère-t-il. 

Processus de Montana 

Le Bureau de suivi de l’accord (Bsa) du Montana a procédé, le 12 décembre à Pétionville (périphérie est), à l’installation des membres d’un Conseil national de transition (Cnt), en présence de représentant de la société civile, de parlementaires et de membres de missions diplomatiques. 

Les 44 membres du conseil, issus de la société civile et de divers partis politiques du pays, ont « la tâche historique immédiate consiste à remembrer la société, à créer une nouvelle légitimité issue des forces vives de la nation organisée et mobilisée, en vue de reprendre la transition démocratique et de l’assurer comme il se doit, sinon on périra », avait affirmé Naed Jasmin, lors de sa prise de parole au nom de la Cnt. 

Elle s’était réjouie que le Cnt favorise une rencontre entre trois générations : celle qui combattait depuis l’époque de la dictature, celle de la fin des années 70 et celle d’après 86 (chute de la dictature des Duvalier). 

« Le Cnt n’a pas de maître ! », avait déclaré haut et fort, l’ancienne ministre Magalie Comeau Denis, membre du Bureau de suivi, en précisant que la mise en place effectuée a été rendue possible grâce au financement des citoyens du pays. 

Ce Cnt aurait à élire un président provisoire et un premier ministre, puis valider la feuille de route du gouvernement et sa composition. 

Processus du 11 septembre 

Le premier ministre de facto continue d’appeler à un accord politique pour une gouvernance politique apaisée et efficace, lors d’une rencontre tenue le lundi 20 décembre 2021, avec les membres du secteur privé des affaires, à l’occasion des fêtes de Noël et du nouvel an. 

Il estime que le changement doit passer par la recherche d’un consensus suffisant entre tous les acteurs de la vie nationale. 

Le gouvernement actuel voudrait, prioritairement, restaurer l’autorité de l’état et mettre de façon durable un terme à l’insécurité qui perturbe la libre circulation des personnes et de biens, rappelle Ariel Henry. 

Lors d’une rencontre le mardi 21 décembre, à sa résidence officielle, Ariel Henry a convié des patrons de médias et des représentants d’association de journalistes à s’associer au prochain Conseil électoral provisoire et aux organisations de la société civile « pour permettre la participation d’un plus grand nombre d’électeurs aux prochains scrutins, à travers une campagne nationale de sensibilisation intense et bien articulée ». 

Désespoir 

Les conditions ne sont pas réunies pour la réalisation d’élections dans le pays, constate le Mopod faisant référence au climat d’insécurité qui y règne. 

« Aujourd’hui, nous sommes en période de fêtes de fin d’année alors que c’est le désespoir total dans les rues. Les autorités étatiques ne sont pas porteuses d’espoir pour la population, y compris Ariel Henry », déplore le Mouvement patriotique populaire dessalinien.