Écrit par : La Rédaction, Le National, Haïti, publié le 1 mars 2024
La question du quadrillage sécuritaire du territoire a été le cadet des soucis pour nos dirigeants. La plupart des administrations qui se sont succédé ont misé de préférence sur le désordre, le chaos organisé à partir des quartiers les plus pauvres pour, par le maniement d’un chantage vicieux, arriver au pouvoir et s'y maintenir. Les conséquences de cette manière de penser et d’agir peuvent se révéler désastreuses.
Les millions de l’international versés pour des projets non inscrits dans une pensée nationale cons-truite dans le but de s’attaquer aux problèmes pro-fonds de notre société, ne seront que des gouttes d’eau sur de la braise ardente même si, au passage, certains s’en serviront pour que perdurent des nids dorés maintenant assiégés de toutes parts. Les problèmes sont profonds et nombreux. Il y a l’ignorance. Il y a aussi l’appétit effréné de ceux qui ont abandonné toute idée de régénération de cette terre et qui ne pensent plus qu’à engranger pour se prémunir de la pénurie.
Alors maintenant qu’on parle d'une force étrangère, les responsabilités doivent être fixées.
Même si certains, laissant émotions et convictions idéologiques dépassées leur mettre des oeillères, déclarent que la Police nationale a les moyens de contrôler le territoire, tout un chacun connaît les énormes défis que devra surmonter cette police pour arriver à accomplir sa mission.
Elle devra surtout avoir les moyens de son indépendance face à des pouvoirs politiques qui l’ont toujours pourrie en introduisant dans son sein des éléments indésirables ou sans formation, négli-geant les règlements intérieurs de l’insti-tution pour minimiser la compétence et l’excellence au sein de notre Police nationale.
Le quadrillage sécuritaire du territoire est au minimum, inexistant dans de vas-tes espaces. Notre société avec ses traditions, ses systèmes de solidarité, a pu résister malgré tout à des dérives que souhaitaient des officines secrè-tes. Un pouvoir central et même départemental qui n’est pas en me-sure de savoir dans les secondes et les minutes qui suivent ce qui se passe dans chaque coin du territoire est totalement inefficient. L’absence de l’autorité de l’État ne fait que multiplier par dix les effets de l’ignorance et de la déficience citoyenne.
Bref trop de choses à faire alors qu’on passe son temps à monter des scéna-rios stupides dans le but avéré de faire main basse sur un pouvoir, ce qui se soldera par un échec comme l’histoire l’a tou-jours démontré. À cette phase, la honte devrait envahir les élites haïtiennes, toutes catégories con-fondues, qui, par leur insouciance et mesquinerie, ont conduit le pays à ce chaos.


