Forger une nouvelle voie panafricaine : le Burkina Faso, Ibrahim Traoré et la Terre des hommes intègres !

Publié par Haïti Liberté, édition du 11 au 17 juin, 2025 

«Ce n’est pas du terrorisme mais de l’impérialisme. L’objectif est de nous maintenir dans une guerre permanente, afin qu’on ne puisse pas se développer, et continuer à piller nos richesses» ~ Capitaine Ibrahim Traoré, 10 mai 2025 

Depuis son accession au pouvoir le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré est devenu un symbole fort du panafricanisme et une rupture nette avec l’ordre ancien au Burkina Faso. Son leader ship incarne un patriotisme inébranlable, une souveraineté assumée et une vision déterminée pour l’avenir. 

L’émergence du capitaine Traoré, aux côtés d’autres dirigeants partageant une approche similaire au Sahel, ravive l’espoir d’un panafricanisme concret et mobilisateur. Son engagement résolu fait de lui une figure emblématique, une source d’inspiration pour la jeunesse africaine, et un véritable défi lancé à l’impérialisme sur le continent. À travers son action, c’est un chemin inédit qui s’ouvre, non seulement pour les nations africaines postcoloniales, mais pour l’ensemble du monde en quête de justice et de souveraineté. 

Quelques exemples concrets illustrent cette dynamique : sous la direction du capitaine Traoré, le gouvernement burkinabè répond de manière proactive aux besoins de la population, démontrant sa capacité à résoudre efficacement les problèmes quotidiens. Sous sa direction, les forces militaires françaises ont été expulsées, tandis que les Volontaires pour la Défense de la Patrie - force populaire à encadrement civil - coopèrent désormais étroitement avec le gouvernement et les forces alliées du Niger et du Mali pour lutter contre les groupes armés terroristes. Par ailleurs, l’État a nationalisé des réserves d’or d’une valeur de 80 millions de dollars US, lancé une raffinerie d’or nationale et procédé à une réduction des salaires dans la fonction publique. 

L’offensive agricole initiée par le gouvernement Traoré marque un tournant audacieux vers l’auto suffisance: la production agricole a bondi, soutenant une croissance économique régulière estimée entre 4 et 6%. Ces mesures ont non seulement dynamisé l’économie, mais aussi renforcé la con-fiance du peuple dans la capacité de l’État à répondre à ses besoins fondamentaux. En mars 2025, la première laiterie nationale sous la marque Faso Kosam a été inaugurée, prélude à d’autres unités de production prévues dans tout le pays. 

Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité du projet politique de Thomas Sankara, président as sassiné du Burkina Faso entre 1984 et 1987, dont le leadership anti-impérialiste demeure une source d’inspiration majeure. À l’image de Sankara, Ibrahim Traoré fonde son action sur l’autosuffisance, la réforme agraire, la protection de l’environnement, l’émancipation des femmes, l’éducation, la santé publique et l’organisation populaire à travers les comités de défense de la révolution. Le 4 août 1984, Sankara avait d’ailleurs symboliquement rompu avec le passé colonial en rebaptisant la Haute-Volta du nom de Burkina Faso - «Terre des hommes intègres». 

Dans la même veine, le gouvernement Traoré s’attache à décoloniser l’espace public et les imagi-naires collectifs. Les tenues des magistrats, des avocats et des écoliers sont progressivement rem-placées par des tissus et coupes traditionnels produits localement. Ce geste, à la fois hautement symbolique et économiquement stratégique, célèbre la fierté nationale tout en stimulant l’industrie textile burkinabè. Le 15 octobre 2023, à l’occasion du 36ème anniversaire de l’assassinat de San kara, le boulevard Général Charles De Gaulle à Ouagadougou a été renommé boulevard Thomas Sankara - un acte fort de réappropriation historique et de réaffirmation de la mémoire collective de résistance du peuple burkinabè. 

Les trajectoires de Sankara et de Traoré répondent aux aspirations profondes du peuple burkinabè, portées depuis l’indépendance du 5 août 1960 - une indépendance qui ne devait en aucun cas se limiter à un simple changement de drapeau. Comme l’affirmait Amílcar Cabral, les peuples ne luttent pas pour des abstractions, mais pour des réalités concrètes. Ces réalités prennent aujourd’hui corps dans les politiques mises en oeuvre par le gouvernement Traoré. 

Le peuple burkinabè refuse de continuer à figurer parmi les nations les plus appauvries de la planète. La popularité de Traoré s’enracine dans cette révolte contre la misère et l’oppression, fruits amers de plusieurs siècles d’esclavage, de domination coloniale et de néocolonialisme. 

Les inégalités sont criantes: un enfant né au Burkina Faso a seize fois plus de risques de mourir avant l’âge d’un an qu’un enfant né en France. Et s’il survit, il vivra en moyenne vingt ans de moins. Ces écarts ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat direct du pillage colonial - notamment fran-çais - dont les séquelles continuent de peser. Bien après l’indépendance, les accords opaques de la «Françafrique» ont perpétué une dépendance monétaire, militaire et économique. 

La déstabilisation de la Libye par l’OTAN en 2011 a déclenché une vague de violence qui a sub-mergé le Sahel. La Libye de Mouammar Kadhafi servait de rempart contre le chaos ; sa chute a ou-vert un boulevard à l’insécurité. Dans ce contexte, l’opération Barkhane, qui vit la France déployer des milliers de soldats dans la région, n’a fait qu’aggraver la frustration. Les armées nationales du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont été cantonnées à un rôle secondaire, tandis que les popula-tions civiles, prises en étau, subissaient les exactions aussi bien des groupes armés que des forces étrangères. 

Les actuels dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont vécu ces humiliations de près. Leur rejet catégorique de l’ingérence occidentale - en particulier française - ainsi que leur volonté de re-conquérir leur souveraineté politique et économique découlent directement de cette expérience douloureuse. 

Parmi les membres de l’AES, le Burkina Faso se distingue par la radicalité et la cohérence de ses réformes. Sous la houlette du capitaine Ibrahim Traoré - jeune, charismatique et profondément enra-ciné dans le peuple - le pays s’affirme comme un moteur du renouveau panafricain. Son leadership, largement salué sur le continent, en fait peut-être la figure la plus populaire depuis Thomas Sankara. Quant à l’AES, elle incarne un véritable tournant historique : un bastion de l’anti-impérialisme et un souffle nouveau pour le socialisme africain, dans la lignée de Kwame Nkrumah au Ghana. 

Pour de nombreux révolutionnaires africains, l’Alliance des États du Sahel (AES) incarne un espoir tangible et inédit. Aucun de ses dirigeants ne revendique ouvertement le socialisme comme horizon final, mais tous oeuvrent à bâtir les bases sociales d’un véritable changement. L’AES - et plus parti-culièrement le Burkina Faso sous la conduite d’Ibrahim Traoré - représente aujourd’hui à la fois le maillon le plus vulnérable de la chaîne impérialiste en Afrique, et la plus grande promesse d’émanci-pation authentique pour les peuples du continent. 

Dans ce contexte de renouveau, les tentatives de déstabilisation se multiplient. Les coups d’État et les complots d’assassinat contre le capitaine Traoré se succèdent à un rythme inquiétant. Le plus récent, déjoué en avril 2025, impliquait des militaires en activité et à la retraite, opérant en coordina-tion avec des chefs terroristes, dans le but de plonger le pays dans le chaos et de le soumettre à une tutelle internationale. Grâce à l’interception de communications stratégiques, ce plan a été contre-carré par les autorités de Ouagadougou. 

Ces attaques ne sont pas fortuites. Les avancées du Burkina Faso et la dynamique qu’il insuffle à l’ensemble du continent menacent l’ordre néocolonial. C’est précisément pour cette raison que les puissances impérialistes cherchent à neutraliser Traoré avant que son exemple ne se propage comme une traînée de poudre en Afrique et au-delà. 

Malgré ses actes courageux et patriotiques, la révolution impulsée par Ibrahim Traoré-comme celles portées par l’AES - demeure jeune, fragile et confrontée à d’immenses défis. Pressions économiques, menaces sécuritaires, sabotages internes et externes : le gouvernement burkinabè et son peuple évoluent dans un environnement profondément hostile. 

Quelle doit être la position des forces progressistes à travers le continent et au-delà ? 

1. Il est impératif de reconnaître les dangers réels qui pèsent sur Traoré, sur l’AES et sur les proces-sus révolutionnaires en cours. Les contradictions internes existent, les incertitudes aussi, et rien ne garantit une victoire durable. Mais un échec aujourd’hui ne serait pas anodin : il repousserait de plusieurs décennies les espoirs d’émancipation africaine. 

2. C’est pourquoi il faut soutenir activement les peuples de l’AES - en particulier celui du Burkina Faso - dans la défense de leurs révolutions populaires, conduites par des segments progressistes de l’armée. Ces révolutions ne doivent pas être évaluées à l’aune des critères libéraux et occidentaux de la «démocratie», mais selon la volonté des masses. Tant que cette volonté populaire s’exprime avec force, ces mouvements doivent être protégés, consolidés, et poursuivis. 

3. Nous, en dehors du Sahel - ailleurs en Afrique et à travers le monde - devons affirmer sans équi-voque notre solidarité avec les gouvernements qui s’engagent résolument sur la voie de la recon- quête de leur souveraineté politique, économique et militaire. Nous saluons les centaines de milliers de personnes descendues dans les rues pour exprimer leur soutien à Ibrahim Traoré - au Burkina Faso, mais aussi au Ghana, au Kenya, au Liberia, et dans bien d’autres pays. 

4. Nos plumes, nos voix et nos actions doivent se mettre au service de ces révolutions naissantes au Burkina Faso et dans l’ensemble de l’AES. 

Au-delà de la propagande médiatique et des hésitations de certains cercles progressistes, le sen- timent populaire dans le Sahel est limpide : une aspiration profonde à la souveraineté, à la sécurité et à une vie digne. Cet appel à la dignité et à la non-ingérence mérite d’être entendu et soutenu. 

Inspirons-nous de l’esprit du Jour de la Libération de l’Afrique pour renforcer notre unité avec les forces populaires et révolutionnaires du Sahel. Leur combat est le nôtre: pour une souveraineté intégrale, une libération nationale véritable et l’unification future du continent africain. 

Que le leadership décisif, le courage et les actions audacieuses de Traoré et de ses camarades dans l’AES continuent de nous inspirer. 

Vive le patriotisme, l’anti-impérialisme et le panafricanisme! 

En solidarité, Le Secrétariat du Pan Africanisme Today coordonne des programmes d’éducation populaire, de solidarité internationale et de collaboration en matière de recherche visant à unifier et à renforcer le travail des syndicats, des mouvements sociaux, des groupes paysans et des organisations progres-sistes sur le continent africain. 

Tlaxcala 5 Juin 2025