La « guerre mondiale contre le terrorisme » est terminée. Le terrorisme a gagné !

Écrit par Daniel McAdams, Haïti Liberté, édition du 30 juillet au 5 août 2025 


Le 16 septembre 2001, cinq jours après les attentats de New York et de Washington, le président George W. Bush déclarait : « Cette croisade - cette guerre contre le terrorisme - va prendre du temps. Et le peuple américain doit être patient. Je serai patient. Mais je peux assurer le peuple américain que je suis déterminé.» 

Quatre jours plus tard, le président Bush déclarait que la « guerre contre le terrorisme » visait princi-palement Al-Qaïda. « Notre guerre contre le terrorisme commence avec Al-Qaïda », a-t-il déclaré lors d’un discours au Congrès et à la nation, « mais elle ne s’arrête pas là. Elle ne prendra fin que lorsque tous les groupes terroristes d’envergure mondiale auront été identifiés, arrêtés et vaincus.» 

Il décrivait ainsi l’ennemi : Ce groupe et son chef - un certain Oussama ben Laden - sont liés à de nombreuses autres organisations dans différents pays, notamment le Jihad islamique égyptien et le Mouvement islamique d’Ouzbékistan. 

Ces terroristes sont des milliers dans plus de 60 pays. 

Bush avait raison dans son évaluation du groupe. 

L’un des pays où les djihadistes d’Al-Qaïda se sont implantés est la Syrie. À partir de 2011, avec le soutien de l’administration Obama, ils ont tenté de renverser le dirigeant laïc Bachar al-Assad, en utilisant des tactiques terroristes qu’ils avaient parfaitement maîtrisées. 

Ils ont rapidement changé de nom - mais pas de couleur - et sont devenus le Front Al-Nosra, dirigé par un djihadiste expérimenté ayant combattu les troupes américaines en Irak, Abou Mohammed al-Jolani. Son groupe était connu pour couper des têtes, peut-être même des têtes américaines. 

En décembre dernier, les djihadistes de Jolani, avec le soutien des États-Unis, de la Turquie et d’Israël, ont finalement renversé le gouvernement Assad. En un éclair, il s’est coupé la barbe, a troqué sa montre militaire tactique contre un chronographe Patek Philippe World Time à 90 000 dollars et s’est autoproclamé président. 

Le monde civilisé a salué le retour de la démocratie en Syrie ! 

Lors de leur première rencontre en début d’année en Arabie saoudite, le président Trump a salué le djihadiste Jolani, le qualifiant de « jeune et séduisant », de « fort, de combat tant, doté d’un solide bagage. Il a beaucoup de potentiel, c’est un véritable leader ». 

Il s’agissait d’un terroriste mondial désigné par les États-Unis, dont la tête était mise à prix à 10 millions de dollars par les autorités américaines. Son avis de recherche est toujours affiché sur le compte X de l’ambassade des États-Unis en Syrie ! 

Cette semaine, le président Trump a « levé les sanctions contre la Syrie de Jolani à la demande de Netanyahou (Premier ministre israélien) » et, hier encore, le secrétaire d’État a retiré l’ancienne branche d’Al-Qaïda de Jolani (qui était passée d’al-Nosra à HTS au fil des ans) de la liste des orga-nisations terroristes américaines. 

Co. Elle s’achève vingt-quatre ans plus tard avec la reconnaissance par les États-Unis d’une bran-che mme l’a ironisé un observateur sur X : L’histoire de la GWOT (Guerre mondiale contre le terro-risme) a commencé en 2001 avec l’invasion de l’Afghanistan par les États Unis pour démanteler Al-Qaïda d’Al-Qaïda comme nouveau dirigeant de la Syrie. 

Selon le projet « Cost of War » de l’Université Brown, la « Guerre mondiale contre le terrorisme » a coûté au peuple américain au moins huit mille milliards de dollars. Elle a également coûté la vie à peut-être un million de personnes. 

Et qu’avons-nous obtenu en échange de tout ce sang et de ces richesses? En Afghanistan, après 20 ans d’intervention militaire américaine, les talibans ont été remplacés par les talibans, et en Syrie, un farouche opposant à Al-Qaïda a été remplacé par Al-Qaïda ! 

Comme Jake Sullivan, alors bras droit de la secrétaire d’État Hillary Clinton, l’écrivait à la secrétaire en 2012 : « Al-Qaïda est de notre côté en Syrie.» Il ne plaisantait pas ! 

Voilà le message... voici le message : 

La même semaine où les États-Unis ont levé les sanctions contre la Syrie dirigée par Al-Qaïda, ils ont imposé des sanctions à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les terri-toires palestiniens occupés ! 

Qui est Albanese ? Elle est la défenseure intrépide de la vie humaine à Gaza, où elle est lentement anéantie par Israël avec le soutien (et les armes) du gouvernement américain. En imposant des sanctions à la défenseure des droits humains de l’ONU, Francesca Albanese, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a écrit : 

J’impose aujourd’hui des sanctions à la Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Francesca Albanese, pour ses efforts illégitimes et honteux visant à inciter la Cour pénale internationale (@IntlCrimCourt) à prendre des mesures contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens. 

La campagne de guerre politique et économique menée par Albanese contre les États-Unis et Israël ne sera plus tolérée. Nous soutiendrons toujours nos partenaires dans leur droit à la légitime défense. 

Les États-Unis continueront de prendre toutes les mesures qu’ils jugeront nécessaires pour répondre à la guerre juridique et protéger leur souveraineté et celle de leurs alliés. (souligné par nous) 

Quelles pourraient être ces « actions »? Il s’agit clairement d’une menace physique contre Albanese pour avoir dénoncé un massacre en temps réel, observable par tous ceux qui le souhaitent sur leurs écrans d’ordinateur. 

C’est donc tout. La « guerre mondiale contre le terrorisme » est terminée. Le gouvernement amé-ricain a élevé les terroristes au rang de chefs d’État et ceux qui dénoncent le terrorisme d’État sont menacés de « toutes les mesures que nous jugeons nécessaires » pour les faire taire. 

*Daniel McAdams est directeur exécutif du Ron Paul Institute for Peace and Prosperity et coproduc-teur/coanimateur du Ron Paul Liberty Report. Daniel a été conseiller en affaires étrangères, libertés civiles et politique de défense et de renseignement auprès du député américain Ron Paul, docteur en médecine (républicain du Texas), de 2001 jusqu’à son départ à la retraite fin 2012. De 1993 à 1999, il a travaillé comme journaliste à Budapest, en Hongrie, et a sillonné l’ancien bloc communiste en tant qu’observateur des droits de l’homme et des élections. 

Ron Paul Institute for Peace and Prosperity 14 juillet 2025; Traduit par Brahim Madaci; Afrique Asie 27 juillet 2025