Écrit par Alter Presse, Haïti, publié le 19 mars 2026
Le système d’état civil en Haïti reste fragilisé en Haïti, en raison de l’absence de renouvellement des officiers ayant atteint ou dépassé l’âge de la retraite, de leur faible professionnalisation et du manque de modernisation technologique.
C’est ce que révèle un diagnostic réalisé en février 2026 par l’Organisation des citoyennes et cito-yens pour une nouvelle Haïti (Ocnh), et transmis le 18 mars 2026 à l’agence en ligne AlterPresse.
Selon l’Ocnh, cette fragilité compromet la fiabilité de l’identification des citoyens, la gestion des don-nées démographiques et l’efficacité des politiques publiques.
« Le système d’état civil haïtien traverse actuellement une phase critique. Près de 85 % des officiers en fonction ont été nommés en 1995. Une proportion importante d’entre eux a aujourd’hui atteint ou dépassé l’âge de la retraite et souffre de déficiences visuelles », souligne l’organisation.
Cette absence de renouvellement générationnel constitue non seulement un défi administratif, mais aussi un enjeu majeur de gouvernance publique et de sécurité nationale.
De nombreuses citoyennes et de nombreux citoyens, notamment celles et ceux vivant dans les sec-tions communales reculées, ne disposent pas de documents d’état civil, tels que des actes de nais-sance, en raison de l’absence de bureaux de l’état civil à proximité, a alerté en décembre 2025 le directeur exécutif de l’Ocnh, Camille Occius.
Face à cette situation jugée « préoccupante », l’Ocnh appelle le Ministère de la justice et de la sé-curité publique (Mjsp) à engager une réforme structurelle profonde. Celle-ci devrait s’appuyer sur une cartographie nationale des bureaux et des ressources humaines de l’état civil, afin d’identifier les zones critiques et les besoins réels.
L’organisation recommande le renouvellement et la professionnalisation des officiers d’état civil, à travers des mécanismes transparents de recrutement et des programmes de formation continue.
Elle plaide pour la modernisation technologique du système, notamment par la numérisation des re-gistres et l’interconnexion des bases de données administratives, avec un accent sur la sécurisation des informations.
Elle appelle au renforcement du cadre institutionnel et juridique pour garantir la pérennité, la transpa-rence et la crédibilité du système.
L’Ocnh exhorte les autorités à faire de la réforme du système d’état civil une priorité stratégique na-tionale, essentielle à la stabilité institutionnelle, à la sécurité publique et au développement durable du pays.


