Agence Haitienne de Presse, le 24 mai, 2011
Plusieurs responsables d’organisations sociales et populaires dont la POHDH, la PAPDA et l’ACPRODDH ont dénoncé mardi l’intervention jugée musclée du maire de Delmas, Wilson Jeudi, pour déloger les victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui se trouvaient sur les places du carrefour de l’Aéroport à Port-au-Prince.
Lundi, le maire Jeudi, accompagné d’agents municipaux et de policiers était a la tête d’une vaste opération de déguerpissement au cours de laquelle des victimes du 12 janvier ont été chassées de cesespaces.
Certaines d’entre elles ont fait savoir que leurs tentes ont été déchirées et leurs effets personnels emportés au cours de l’opération.
Camille Charlmers directeur exécutif de la Plate forme De Plaidoyer pour le Développement Alternatif (PAPDA) soutient que le problème du relogement des sinistres ne doit pas être résolu dans la répression.
M. Charlmers signale que la mairie devait au préalable chercher un autre endroit pour loger les sinistrés qui n'ont pas choisi cette situation.
Selon lui, l’acte commis par M. Jeudi ce lundi est une violation de l’article 22 de la constitution de 1987. M. Charlmers demande en ce sens aux autorités d’assumer leurs responsabilités.
De son coté, l’avocat des sinistrés des camps du carrefour de l’aéroport Patrick Florvilus qualifie l’opération du 23 mai d’acte criminel.
Il considère cet incident comme une violation des droits au logement garantis par la constitution de 1987.
Patrick Florvilus informe que les agents de la mairie ont saisi des biens des victimes après avoir détruit leurs tentes. Il s’agit, dit-il, de destruction de biens d’autrui.
Me Florvilus annonce qu’une requête a déjà été adressée au juge suppléant du tribunal de paix de Delmas, Me Durand Jean Rigaud, et qu’une plainte sera déposé contre le maire de Delmas Wilson Jeudi, des agent de la mairie et de la PNH qui ont pris part à cette opération pour qu’ils puissent répondre de leurs actes.
Par ailleurs, ces organisations sociales et populaires qui s’étaient réunies pendant 3 jours dans le cadre d’un colloque sur la problématique du logement en Haïti ont présente mardi 24 mai un extrait des résolutions adoptées suite à ce rassemblement.
Ces organisations ont exprimé leurs volontés de forcer le gouvernement à définir une politique globale de logement afin de fournir des abris respectant la dignité humaine des citoyens.
Elles exhortent les parlementaires à se préparer à voter une loi sur le logement qui permettra à tout haïtien d’avoir accès à des abris confortables tel que le recommandent l’article 22 de la constitution de 1987 et la convention internationale des droits socio-économiques et culturels, a indiqué Camille Charlmers lisant la résolution.


