Il reste beaucoup à faire en Haiti
Préparé par: Marc Rochette
Publié le 15 juin 2011
«Les promesses ne sont pas réellement tenues. Ça ne va pas aussi rapidement que prévu. Beaucoup de gens vivent encore sous les tentes. Il reste beaucoup à faire». Arrivé au Québec pour une quinzaine de jours, Émile Eyma Jr connaît bien la réalité d'Haïti. Depuis les années 80, l'homme est impliqué dans le développement local. Et lui-même a vécu ce fameux séisme du 12 janvier 2010.
«Heureusement, la bâtisse a résisté. Mais j'ai perdu des cousines et des amis très proches. On s'en sort par le subconscient», a-t-il raconté dans les locaux d'un organisme partenaire, le Comité de solidarité/Trois-Rivières.
Si la population de Port-au-Prince est toujours sur le qui-vive, le directeur de l'Institut de recherche et d'appui technique en aménagement du milieu (IRATAM), qui oeuvre dans la zone nord-est du pays, tente d'y «faire de l'éducation sans créer une hantise» alors que cette région est également menacée par une faille.
«Les retombées du tremblement de terre ont touché tout le pays au niveau social et économique», a-t-il fait savoir, les paysans ayant été appelés à accueillir «des nouveaux arrivés».
Selon Émile Eyma Jr, la situation est encore précaire avec autant de camps. Et comme si cela ne suffisait pas, c'est la saison cyclonique avec «de fortes averses, des inondations et des cas de mortalité».
«Et les élections présidentielles se sont déroulées dans des conditions réellement difficiles, sans compter que le taux de participation n'était que de 20 % dans le deuxième tour», souligne le directeur de l'IRATAM.
À son avis, il ne suffit pas d'avoir des élections régulières pour vivre la démocratie, mais «les groupes de la société civile doivent toujours être mobilisés pour défendre leurs droits et ce, dans l'intérêt de la majorité de la population».
«Il faut sortir de la pauvreté et avoir une distribution équitable de la croissance», fait-il valoir.
D'où le rôle clé de l'IRATAM qui travaille dans les domaines de l'aménagement du milieu, du développement alternataif et de la protection de l'environnement.
Par exemple, à Saint-Suzanne, dans le nord-est d'Haïti, les efforts de l'organisme ont favorisé la création de coopératives, de groupes, bref, une mobilisation citoyenne. Il cite le cas des jardins-cafés qui, en quelques années, comptent maintenant 300 membres.
«Après plusieurs siècles d'exploitation de ses territoires, Haïti est aujourd'hui déboisée à 98 %. Et depuis janvier 2010, il est d'autant plus nécessaire que la reconstruction passe par le reboisement du territoire», a-t-il expliqué.
Ce qui rend l'implication du Comité de solidarité/Trois-Rivières d'autant plus précieuse avec sa campagne Un geste ici, un arbre pour Haïti dans certaines écoles trifluviennes pour financer la production et la plantation d'arbres.
«La solidarité nord-sud est très importante et nous avons reçu 12 étudiants en psychoéducation de l'UQTR», a conclu Émile Eyma Jr, sous l'oeil approbateur de l'adjointe à la coordination au Comité de solidarité/Trois-Rivières, Annie Lafontaine.


