Visite en Haiti d'une commission de l'ONU: La coordination de l'aide demeure insuffisante.
Par Dieudonné Joachim
Le Nouvelliste, 1 août 2011
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=95569
Devant le manque de coordination de l'aide internationale, le Groupe consultatif ad hoc du Conseil économique et social (Ecosoc) sur Haïti, après trois jours de visite en juin dernier, adresse des recommandations au gouvernement, aux Nations unies, à la communauté des donateurs dans son septième rapport.
Haïti: « La coordination de l'aide internationale reste insuffisante. Cela entraîne des chevauchements et réduit l'efficacité des interventions. Pourtant, des exemples positifs sont mis en avant, comme l'aide apportée pour lutter contre le choléra ou pour faire face aux cyclones. Il n'en va pas de même pour l'aide au développement, où l'éparpillement des activités est souvent déploré », tel est l'avis de la quasi-totalité des interlocuteurs du Groupe consultatif ad hoc du Conseil économique et social (Ecosoc) sur Haïti.
Le rapport de cette mission de l'Ecosoc, qui a séjourné du 15 au 18 juin dans le pays, recommande notamment à la communauté des donateurs d'utiliser le programme de gestion de l'aide, élaboré par le ministère haïtien de la Planification et de la Coopération externe, pour veiller à ce que les ressources engagées et les décaissements soient alignés sur les priorités reflétées dans le plan d'action du gouvernement. Toute cette dynamique a pour but d'aider au redressement et à la reconstruction d'Haïti et d'appuyer son développement à plus long terme.
Entre autres propositions, le Groupe encourage la communauté des donateurs à faire en sorte que le Fonds pour la reconstruction d'Haïti (FRH) participe activement à la mobilisation des ressources, y compris auprès de donateurs non habituels. Le FRH doit aussi adapter son appui aux priorités définies par le nouveau gouvernement lorsque celui-ci entrera en fonction.
Une aide en faveur des ministères haïtiens à réorganiser les tables sectorielles en vue de coordonner l'appui fourni par la communauté internationale dans les principaux domaines liés aux priorités définies par le gouvernement est bien vue par le Groupe consultatif ad hoc de l'Ecosoc sur Haïti. Il propose de mettre à la disposition des différents ministères les moyens nécessaires pour diriger efficacement les mécanismes précités.
Des conseils ont été prodigués à la communauté internationale en vue de faciliter l'échange d'informations concernant la contribution des Organisations non gouvernementales (ONG) aux activités de reconstruction et de développement. Des mesures qui permettraient de mieux encadrer ces activités, notamment grâce à la création au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti, avec l'appui du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), d'une unité de coordination des ONG. Continuer >
Le rapport de l'Ecosoc propose de maintenir à l'examen la situation macroéconomique en Haïti. L'impact de l'instabilité des prix des denrées alimentaires sur l'économie nationale a bien retenu l'attention des experts qui demandent de fournir un appui approprié au gouvernement pour l'aider à maintenir l'équilibre macroéconomique. Passage obligé pour atteindre le développement. La communauté internationale doit continuer à fournir un financement pour permettre à Haïti d'entreprendre des programmes de développement à plus long terme et à investir dans des secteurs comme l'énergie et l'infrastructure, des programmes durables d'urbanisme et le renforcement des capacités étatiques, poursuit le document.
Celui-ci recommande de fournir des fonds pour la réalisation de tous les projets prioritaires approuvés par la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) de même qu'un appui au Fonds national pour l'éducation (FNE) afin de financer le développement de ce secteur dont le nouveau président a fait sa priorité.
En depit du fait que le Groupe consultatif reconnaît que les autorités haïtiennes ont beaucoup avancé dans leurs efforts de redressement, il leur recommande de consentir à tous les efforts nécessaires pour diriger la coordination de l'appui fourni par les donateurs. A ce propos, il preconise de réfléchir avec les partenaires de développement aux mesures qui pourraient être adoptées pour utiliser comme levier le potentiel représenté par l'assistance.
« La nomination d'un directeur de la CIRH, en ayant en vue qu'il pourrait être nécessaire de prolonger le mandat de la Commission au-delà du mois d'octobre. La décision de l'orientation future des travaux de la Commission et, le cas échéant, en prenant une décision sur la possibilité d'en faire une institution gouvernementale à part entière », recommande le rapport aux autorités haïtiennes. Ces dernières doivent également promouvoir une interaction claire et constructive entre le Parlement et le gouvernement (ndlr : toujours dans l'impasse après plus de 75 jours de l'installation de Michel J. Martelly) afin de faciliter l'élaboration du budget de 2011-2012 et la définition des futurs plans de développement.
Le rapport de l'Ecosoc a été établi à la suite de la visite que le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti a réalisée dans le pays en juin 2011 et de la réunion que le Groupe a eue avec les partenaires de développement d'Haïti. Ledit rapport, publié mi-juillet, décrit l'état d'avancement du processus de relèvement du pays et les difficultés qui continuent de l'entraver. Des recommandations ont été adressées au gouvernement haïtien, aux donateurs, à l'Organisation des Nations unies (ONU) à travers ses différentes agences.


