Indice de développement humain :Haïti recule
Par Isabelle L. Papillon
Haiti Liberté,9 au 15 Novembre 2011
Alors que Haïti est occupée depuis plus de sept ans par les casques bleus de l’ONU et les autorités haïtiennes s’enlisent le pays dans situation politique inextricable, les conditions de vie de la population reculent constamment. Le rapport mondial sur l’Indice de Développement Humain (IDH) de 2011, présenté par le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), autour du thème : « Durabilité et équité : un meilleur avenir pour tous. » démontre très clairement les disparités sociales qui s’élargissent et la dégradation de l’environnement qui représente un danger imminent pour le peuple haïtien.
En effet, dans ce rapport, Haïti est classée 158e sur une liste de 187 pays et territoires en matière de développement humain ; comparativement à l’année dernière, Haïti recule de plus de
10 places en un an. Selon le chef de l’Unité de l’environnement du PNUD, Arnaud Dupuy, Haïti n’est pas épargnée de la dégradation environnementale au niveau mondial : « Ceci est particulièrement vrai pour Haïti, où plus de 75% de la population vivent en milieu rural. Haïti est en situation de catastrophe écologique. Tous les indicateurs environnementaux sont soulignés en rouge. Chaque année Haïti connait un déficit de 37 millions de tonnes de terres arables qui s’en vont à la mer. Nul n’a besoin de vous dire que le cadre de vie et le cadre de production de ce pays sont en voie de disparition. Donc il faut agir vite. », Suggère-t-il.
Il a également souligné qu’en 1970, la couverture végétale était évaluée à 24%. De 1970 à 1990 elle était passée de 20% à 4% de couverture forestière. En 2011, les espaces verts du pays ont été recensés à moins de 2%, les 25 sur 30 principaux bassins versants sont dans une situation de dégradation sévère. Pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement, l’expert des Nations Unies a fait savoir qu’il y a des opportunités à saisir dans les stratégies politiques des décideurs du pays : « Prenant par exemple, le problème de l’énergie, on peut faire baisser la pression sur nos ressources forestières, en faisant le saut qualitatif du bois et de charbon de bois vers le gaz propane. », a-t-il conseillé.
Toutefois, il a indiqué que l’indice de développement humain en Haïti a quand même progressé au cours de ces dernières années, notamment au niveau de la Santé et de l’éducation, quoique, a-t-il avancé, les revenus aient connu une baisse de façon proportionnelle pendant les mêmes années. Contrairement à ce que constate l’expert, avec l’importation de l’épidémie mortelle de Choléra en automne de l’année dernière par les soldats de l’ONU, de la Minustah, qui a coûté la vie à plus de
7 mille Haïtiens et infecté plus de 500 mille autres et continue de faire rage dans le pays ; les faits prouvent que la Santé de la population se détériore au plus bas niveau. La santé du peuple haïtien s’empire au même rythme de l’environnement et des écarts sociaux. Les faits sont là, dans un pays où l’extrême pauvreté dépasse 56% de la population estimée à 10 millions d’habitants et pourrait atteindre 16 millions d’ici 2050.
Concernant la problématique de la pauvreté, le responsable du programme de réduction de la pauvreté du PNUD Daliela Gregr a indiqué que la dégradation de l’environnement a un impact direct sur les couches les plus vulnérables qui vivent notamment en milieu rural : « Les pays à développement humain faible à l’instar d’Haïti dépendant beaucoup de l’agriculture, l’impact du changement climatique en termes de hausse de température, de réduction de précipitation et de désertification se fait surtout sentir en milieu rural où se trouvent concentrées les personnes les plus pauvres», a-t-elle fait savoir.
En tout état de cause, les dirigeants haïtiens doivent s’attaquer aux grands dangers qui menacent la population, au lieu de s’embrouiller dans des luttes intestines pour le contrôler des pouvoirs publics, dans l’unique objectif de la satisfaction de leurs intérêts mesquins. Constatant ces dangers qui ruinent le pays, pourquoi les Nations-Unies maintiennent leurs casques bleus qui en réalité n’ont rien à faire sinon la violation systématique des droits du peuple haïtien. Il serait mieux d’investir les milliards de dollars dépensés pour entretenir une force d’occupation monstre, dans des véritables projets de protection de l’environnement et ceux pouvant diminuer les inégalités sociales d’Haïti. Il est souvent constaté que les organismes ou agences des Nations-Unies observent des faits et les Nations Unies ellesmêmes agissent autrement. C’est ce qui se passe actuellement en Haïti, le PNUD dit quelque chose, et le Conseil Sécurité en fait une autre. L’environnement d’Haïti représente une menace pour tous les Haïtiens et ce n’est pas Haïti qui est une menace pour la paix et la sécurité internationales.


