Le dossier de la remobilisation de l'Armée au coeur des débats à la veille du 18 novembre

Le dossier de la remobilisation de l'Armée au coeur des débats à la veille du 18 novembre: mais les anciens militaires et les pro-armée devront se contenter pour l'instant d'un arrêté rapportant celui de la dissolution et d'un calendrier.

Port-au-Prince, le 17 novembre 2011 - (AHP) - A un jour de la commémoration de la bataille de Vertières, également consacrée autrefois aux Forces Armées d'Haïti (FAd'H), la question de la remobilisation de l'armée continue de susciter des débats, d'autant qu'un document mis en circulation, avait fait état de la sortie d'un premier groupe d'hommes en uniforme, au pas et paradant dans les rues  ce 18 novembre.

Et l'arrêté nommant le chef de cette nouvelle force avait été promis par le nouveau ministre de l'Intérieur et de la Defense pour avant le 208ème anniversaire de la bataille de Vertières, date de la dernière bataille de l'Armée indigène sur la puissante armée française de Napoléon Bonaparte.

Cependant, l'euphorie s'est un peu estompée. Et le renforcement de la police nationale d'Haïti (PNH) a pris le pas sur la remobilisation effective de l'Armée, suite aux critiques formulées par une bonne partie de la communauté internationale qui affirme voir bien plus d'economie dans la professionnalisation de la police.

Les partisans du retour de l'Armée qui devront attendre encore un bout de temps, auront probablement droit cependant ce vendredi  à l'arrêté raportant celui de la dissolution des FADH de 1995, ouvrant ainsi la voie peut-être longue, à la nouvelle force.   Un plan de création de cette  armée devrait aussi être rendu public.

L'arrêté devrait contribuer à calmer aussi l'appréhension de centaines d'hommes qui avaient commencé à s'entrainer  un peu partout à traves le pays et qui s'inquiètent aujourd'hui du coup d'arrêt porté au processus de remobilisation de l'armée  à laquelle le chef de l'Etat dit être toujours attaché, étant une promesse de campagne.

Le sénateur Youri Latortue, ancien militaire et actuel président de la commission justice et sécutité du grand corps a fait savoir que ce qu'il attend ce 18 novembre du chef de l'Etat, est qu'il nomme la commission devant servir de vis-à-vis pour  le parlement en vue de travailler à l'opérationnalisation de la nouvelle force armée.

Il a dit souhaiter que cette commission soit dirigée par le secrétaire d'Etat à la défense et ait pour principale tache l'établissement d'un calendrier de mise en oeuvre de cette nouvelle armée.

M. Latortue a indiqué que deux mois devraient suffire amplement pour faire ce travail, rappelant que sous les gouvernements de transition et de René Préval, plusieurs études avaient été faites autour de l'armée.

"C'est toutefois la phase d'opérationalisation qui devait prendre un peu plus de temps".

Le sénateur Steven Benoit affirme pour sa part, attendre comme tout le monde le discours du président Martelly  sur le projet de création de la nouvelle armée. Il critique ce qu'il appelle le fonctionnement informel de président Michel Martelly qui, regrette-t-il, n'a jamais officiellement informé le Parlement sur ses véritables intentions au sujet de l'armée, alors que les moyens de sa mise en oeuvre, devront être approuvés par les députés et les sénateurs.

Le sénateur Benoit dénonce du coup un manque de respect envers le parlement.

Il dit également attendre impatiemment les ministres de l'intérieur et des finances au Sénat  pour savoir avec quels moyens le président Martelly va concrétiser son projet de  remobilisation de l'armée, d'autant que le financement de l'international n'est pas garanti.

Tout ce que je sais c'est que le président Martelly veut remobiliser l'armée. Je vois des documents dans les journaux mais je les considère davantage comme des tracts, a lancé M. Benoit.

Le sénateur Benoit se dit toutefois favorable à la création d'une force pour remplacer les casques bleus  présents sur le sol haïtien depuis 2004 (à la demande du gouvernement de transition) mais, soutient-il, le processus doit se faire de manière ordonnée.

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