Forum de 2 jours sur l'investissement en Haïti: le secteur privé haïtien invité mais pas associé à l'organisation
Agence Haitienne de Presse (AHP)
Port-au-Prince, le 28 novembre 2011 - La Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH) n'est pas associée à l'organisation d'un forum de deux jours sur la reconsctruction du pays qui s'ouvre ce mardi dans la capitale haïtienne.
Nous sommes invités mais nous ne sommes pas partie prenante, a indiqué le président de ladite chambre, Hervé Denis qui estime toutefois que cette situation est due à un manque de communication qui devrait être corrigée à l'avenir.
Organisée à l'initiative de fondation Clinton et la Banque inter-américabne de développement B.I.D, cette rencontre de deux jours qui réunira plus de 600 participants dont des ONGs, des investisseurs locaux et étrangers ainsi que des membres du gouvernement, a pour objectif de présenter des projets de reconstruction en cours d'exécution après le séisme de l'année dernière et attirer des investissements dans des secteurs porteurs que sont entre autres, le tourisme, les infrastructures, les manufactures et l'agro-industrie.
Pour le président de la CCIH, Hervé Denis, on ne devrait pas organiser une pareille activité sans une participation active du secteur privé haïtien. Toute organisation qui s'interesse au développement du pays doit comprendre la nécessité d'associer le secteur privé haïtien comme ce fut le cas récemment, rappelle-t-il, lors du colloque sur le tourisme, le patrimoine et le développement, organisé en partenariat avec l'Université Laval.
C'est la moindre des courtoisies à manifester, a encore indiqué M. Dennis qui dit croire cependant qu'il ne s'agit la que d'une excexption regrettable.
Pour ce qui est du bas de la ville, le président de la CCIH et aussi de la chambre de commerce de l'ouest se dit préoccupé par le fait que les commerçants ne soient toujours pas en mesure de reconstruire leurs locaux endommagés lors du tremblement de terre de janvier 2010.
Il rappelle qu'un arrêté présidentiel pris sous la présidence de René Préval avait interdit toute transaction immobilière au centre ville. Aujourd'hui, dit-il, il est grand temps que le gouvernement se décide, car nous avons des fonds gelés et des opportunités qui ne peuvent toujours pas être exploitées à cause de cette situation.
Pour sa part, le professeur Sauveur Pierre Etienne a dit déplorer qu'il n'y ait pas en Haïti une bourgeoisie entreprenariale capable de servir d'interface avec les étrangers. Voilà pourquoi, il faut absolument compter avec les étrangers dans toute réflexion sur la dynamique de la reconstruction haïtienne, a-t-il regretté
Il estime également que la lenteur du processus de la reconstruction est due à la faiblesse de l'élite haïtienne qu'elle soit politique, sociale, économique ou intelectuelle. Une élite qui, dit-il, ne s'est pas montrée réellement à la hauteur des exigences du moment.
Le coordonateur de l'OPL (Organisation du Peuple en Lutte) a aussi estimé que si les entrepreneurs étrangers notamment américains se decident à venir dans le pays c'est entre autres, en raison de garanties qu'ils pourraient recevoir du département d'Etat américain, mais pas pour nos beaux yeux
Aucun entrepreneur ne voudra investir dans un pays où il a une instabilité politique et des accrochages entre les élites politiques comme c'est le cas avec le scandale de l'arrestation d'un deputé en fonction (Arnel Bélizaire). Le professuer Pierrre Etienne juge dommage que les politiques n'arrivent toujours pas à le comprendre.


