Tension et violences en marge d'une manifestation des membres de la PEVEP pour exiger des primes de révocation qu'ils réclament depuis 6 ans.
Agence Haitienne de Presse (AHP)
Port-au-Prince, le 30 novembre 2011 --Un climat de tension a régné en milieu de journée dans le centre de la capitale (Port-au-Prince) en marge d'une manifestation de la Plateforme des Employés Victimes des Entreprises Publiques (PEVEP).
Les protestaires qui estiment avoir été injustement révoqués par le régime intérimaire de Gérard Latortue , continuaient de réclamer des dédommagements
Plusieurs autobus de transport en commun appartenant à l'Etat haïtien ont esuyé des jets de pierres qui ont cassé leurs pare-brises.
Le coordonateur de la plateforme Fritz Gérald Charles a nié toute implication des membres de la PEVEP dans ces actes de violence enregistrés en marge de la manifestation. Il a dénoncé du coup la pasivité des forces de l'ordre qui n'avaient pris, a-t-il dit, aucune mesure pour assurer la sécurité des manifestants. M Charles a fait savoir que les violences sont à mettre à l'actif de ceux qu'ils appellent les infiltrés.
Nous menons depuis 4 ans une bataille pacifique pour récupérer ce qui nous revient de droit et ce n'est pas aujourd'hui que nous déciderions de verser dans la violence et le désordre, a dit Fritz Gérald Charles.
Les violences de ce mercredi au centre de Port-au-Prince étaient enregistrés au moment où les autorités gouvernementales promettaient non loin de là au Karibe Convention Center, securité et stablité à des centaines d'hommes et de femmes d'affaires étrangers réunis en forum sur l'investissement en Haïti.
Les manifestants ont fait savoir qu'ils vont rester mobilisés jusqu'à ce que les autorités s'acquittent de leurs obligations. Ils ont dénoncé l'attitude des membres du gouvernement précedent qui ont laissé entendre que les employés révoqués ont déjà touché leurs primes et que l'Etat haïtien ne leur devrait plus un seul sous.
Comment peuvent-ils dire qu'ils ne nous doivent rien, alors qu'ils avaient accepté de mettre dans le budget 2010-2011 reconduit pour l'exercice en cours, une enveloppe de 40 millions de gourdes pour les employés révoqués? s'est interrogé Fritz-Gérald Charles.
Le chef de l'Etat a fait savoir mardi que, selon des informations recueillies des dirigeants qui l'ont précédé, le gouvernement n'a aucune redevance vis-à-vis des anciens employés de l'administration publique réunis au sein du PEVEP.
Michel Martelly a aussi informé qu'il allait demander au gouverneur de la banque centrale les dossiers des employés révoqués afin de pouvoir adopter la bonne décision.
Le ministre de l'économie et des finances, André Lemercier Georges, était d'ailleurs invité mercredi au Sénat pour débattre de la question des employés révoqués. Il a cependant sollicité et obtenu le report de la rencontre.
Le sénateur Moïse Jean-Charles estime que le ministre Georges n'a pas répondu à l'invitation des parlementaires parce qu'il n'avait pas encore mis son devoir au propre. Il vaut mieux qu'il se conforme avant de venir au Sénat sinon il risque d'être interpellé, a prevenu le senateur du Nord.
Outre le dossier des employés révoqués, le ministre de l'économie devrait également donner des explications sur l'utilisation du Fond National de l'Education (FNE), a encore fait savoir Moïse Jean-Charles soulignant que le ministre Georges devra se faire accompagner du gouverneur de la Banque Centrale, Charles Castel.


