MINUSTAH accusée de torture sur 3 jeunes Haïtiens

MINUSTAH accusée de torture sur 3 jeunes Haïtiens

Par Isabelle L. Papillon

Haiti Liberté,édition du 21 au 27 Décembre 2011

Dans la nuit du mardi 13 au mercredi
14 décembre 2011, huit (8) soldats brésiliens des forces d’occupation de l’Organisation des Nations Unies, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) ont torturé mortellement trois (3) jeunes Haïtiens répondant au nom : Gilbert Joseph, âgé de 29 ans, Abel Joseph, 20 ans et Amos Bazil, 19 ans. La scène de torture et de bastonnade s’est déroulée entre les zones de Fort-Dimanche (Cité Soleil) et Titanyen, Route nationale #1.

En effet, Gilbert Joseph est un chauffeur de camion-citerne qui venait d’effectuer une livraison d’eau dans localité de Fort-Dimanche. Brusquement, son camion immatriculé : ZA-08937 est tombé en panne et après de vaines manoeuvres, il n’a pas pu arriver à le faire démarrer. Abel Joseph qui l’accompagnait et Amos Bazil, un ami de la vieille date, résidants de la zone lui conseillèrent d’enlever la batterie et la pompe. Il était environ huit (8) heures du soir, ils ont décidé de rester sur les lieux pour surveiller le camion en attendant qu’il soit jour pour faire venir un mécanicien.

Entre-temps, selon leurs dires, ils étaient en train d’ingurgiter un breuvage pour empêcher le sommeil. Il était environ 3 heures du matin quand des soldats des Nations Unies sont arrivés soudainement sur les lieux. Sans aucune forme d’interrogation, ils les ont mis face au mur et commencé à les rouer de coups de bottes. Les casques bleus de l’ONU ont volé plus de 4.500 gourdes, représentant le montant de trois (3) camions d’eau vendue à 1,500 gourde l’unité, le téléphone portable de Gilbert Joseph au numéro : 39350529. Ils ont également saisi le permis de conduire du chauffeur ainsi que les cartes d’identification nationale de deux d’entre eux. Ils les ont emmenés sur la cour de l’Institution Mixte Educative de la Saline, où ils ont été torturés à nouveau.

Selon les témoins de cette scène horrible de torture, le véhicule des Nations Unies-Minustah impliqué dans cette affaire est immatriculé UN-24775. Les victimes de la sauvagerie de la MINUSTAH ont appelé au secours, des gens, qui s’étaient réveillés ont affirmé aux soldats de l’ONU que ces trois (3) jeunes qu’ils étaient en train de tabasser sont des habitués de la zone, connus de tous. Offusqués de cette intervention de la population et dans le but de poursuivre la séance de bastonnade, les occupants de la MINUSTAH ont forcé les victimes à remonter dans leur véhicule et les ont emmenés à Titanyen où ils les ont torturés à coups de machette et ils les ont laissés pour mort.

Le lendemain, lors d’un point de presse au local du Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH), le mercredi 14 décembre, les victimes ont raconté toutes les péripéties douloureuses vécues durant cette nuit. Gilbert Joseph a abondé dans ce sens. « Il était environ 3 heures une du matin, lors que des soldats de la Minustah ont fait brusquement leur apparition, là où nous étions et ils nous ont intimé l’ordre de nous mettre face au mur. Nous ne faisions aucun geste, nous nous sommes soumis rapidement à cet ordre. Après ils nous ont dit de nous mettre par terre, ils nous ont piétinés ensuite ils nous ont mis les bras au dos, et nous ont poussé dans un véhicule et parcouru plusieurs endroits avec nous durant plus d’une heure de temps. Ils ont volé de l’argent, le téléphone, saisi mon permis de conduire et ma carte d’identité.

Quand nous sommes arrivés quelque part, ils nous ont fait descendre du véhicule, enlevé nos vêtements et nous ont jetés par terre. Ils nous ont frappés à coups de bottes, de machette. Regarde mon dos, chargé de blessures, je ne peux même pas m’asseoir. Lorsqu’ils se sont rendus compte que nous ne pouvions pas résister, ils nous ont regardés avec un flash pour voir si nous étions toujours vivants. Ils nous ont laissés pour mort dans un champ. »

Dans un rapport rendu public, le 16 décembre 2011, le RNDDH a rapporté : « A la tombée de la nuit et après maintes tentatives pour réparer le camion, ils se sont rendus compte qu’ils devaient laisser le véhicule sur place. Ils ont donc décidé de rester sur les lieux dans le but de sécuriser le camion ainsi que les matériels qui y étaient attachés. Amos BAZILE, dont l’oncle est un client de Joseph GILBERT, les a rejoints vers 10 h00 du soir, pour passer la nuit avec eux. Il est âgé de dix-neuf (19) ans.

Il était aux environs de trois
(3) heures du matin lorsque des agents du contingent brésilien de la MINUSTAH, lors d’une patrouille de routine, sont passés près du camion. Après l’avoir dépassé, la patrouille a arrêté son véhicule et les soldats sont revenus à pied à la hauteur des individus susmentionnés. Arrivés auprès d’eux, ces soldats ont procédé à leur arrestation sans aucune explication. Ils les ont forcés à vider leurs poches, ont saisi la somme de quatre mille cinq cents (4.500) gourdes représentant le montant de trois (3) camions d’eau livrée dans la journée et un téléphone portable au numéro
39350529 appartenant à Gilbert JOSEPH.

Les agents de la MINUSTAH ont aussi saisi le permis de Gilbert JOSEPH ainsi que les cartes d’indentification nationale des deux (2) compagnons de ce dernier avant de les emmener sur la cour de l’Institution Mixte Educative de La Saline, un établissement scolaire dont la cour est utilisée par les habitants de la zone pour faire sécher de l’argile. A coups de pieds et à coups de poings, Gilbert JOSEPH, Abel JOSEPH et Amos BAZILE ont été torturés sur la cour de l’Institution Mixte Educative de La Saline. Les victimes portent sur leur corps des marques visibles de violences physiques. Elles ont été battues à un point tel qu’elles ne peuvent pas s’asseoir. Photo d’une des victimes. Des témoins, ayant entendu les cris des victimes qui appelaient au secours, sont sortis sur la cour de l’institution susmentionnée et ont affirmé aux agents de la MINUSTAH que les trois (3) individus qu’ils étaient en train de battre à mort, sont des habitués de la zone, connus de tous. »

Les victimes portent sur leur corps, des marques de torture, des plaies béantes. Depuis plus de sept
(7) ans, les soldats des Nations Unies présents en Haïti n’ont jamais cessé d’être impliqués dans des actes criminels, tels : vols, viols collectifs, violences physiques, exploitations sexuelles abusives, assassinats, pendaison, sodomisations, tortures, bastonnades, importation de l’épidémie mortelle de Choléra, violation systématique des droits de l’homme et le droit à l’autodétermination du peuple haïtien. Depuis lors, la population haïtienne ne cesse et ne peut pas continuer à panser les blessures, à compter des cadavres. Le Choléra introduit en Haïti en Octobre 2010 a déjà fait plus de 7 mille morts et plus de 700 mille infectés. Jusqu’à présent, aucune disposition n’a été prise par le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour mettre fin à des actes criminels et des violations constantes des droits de l’homme en Haïti et d’enlever ses troupes d’Haïti.

A travers toutes formes de protestation, la population haïtienne s’est toujours soulevée contre la présence des forces d’occupation de l’ONU en Haïti. La population exige le départ inconditionnel des casques bleus de l’ONU du territoire national. Pendant des milliers de victimes du Choléra-Minustah réclament justice et réparation ; les soldats de la MINUSTAH continuent d’exercer des violences physiques sur des paisibles citoyens qui cherchent à gagner dignement leur vie. La torture est relevée au rang de crime contre l’humanité, donc, les soldats de l’ONU sont accusés de crimes contre l’humanité, de violation des droits de l’homme en Haïti. Alors que les Nations Unies sont venues de célébrer le 63e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, le 10 décembre dernier, autour du thème : « célébrons les droits de l’homme ». De plus, l’ONU se donne pour devoir de promouvoir le respect des droits de l’homme, combattre toutes formes de violations des droits de l’homme, sanctionner les crimes contre l’humanité. Alors, qui va juger les responsables de l’ONU accusés de crimes contre l’humanité et de violation des droits de l’homme en Haïti?

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