2 rapports de l'ONU sur les violations de droits humains de la PNH jugés hypocrites et discriminatoires

Les rapports de deux instances de l'ONU sur les violations de droits humains commises par la PNH jugés hypocrites et discriminatoires

Agence Haitienne de Presse

Port-au-Prince, le 28 décembre 2011

Le responsable de la Direction Départementale de l’Ouest DDO) de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Michel-Ange Gédéon a réagi mercredi suite à la publication de deux rapports des Nations Unies épinglant la PNH, en accusant certains de ses membrs de s'être rendus coupables de graves violations de droits de l'homme.

Le haut-commissariat des Nations Unies pour les droits humains et le bureau des droits humains de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) ont  publié chacun un rapport faisant état d’actes de mauvaise conduite dont les policiers haïtiens se sont rendus coupables ces deux dernières années.

Pour le responsable de la DDO, ces rapports ne sont pas une surprise, car les organisations de la société civile haïtienne, notamment de droits humains n'ont jamais râté une occasion pour dénoncer pareils actes.

Néanmoins, le commissaire a souligné ce qu'il appelle "l’attitude positive et responsable des hauts-gradés de la PNH" qui prennent toujours  a-t-il dit, des mesures adéquates pour  sanctionner les agents qui se  rendent coupables d’actes répréhensibles.

Il n’y a jamais  d’impunité pour ce genre de cas, a-t-il fait savoir.

De 1996 à nos jours, plusieurs mesures ont été adoptées pour permettre aux agents de la PNH d’avoir un meilleur comportement vis-à-vis des personnes qu’ils sont censé servir et protéger, a-t-il dit, affirmant que les cas de violence sont moins nombreux ces dernières années.

Le secrétaire exécutif du Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI), Me Renan Hédouville a lui aussi denoncé les actes de violence commis ces dernières années par des agents de la PNH. Il a rappelé entre autres le cas du prévenu Serge Démosthène torturé à mort dans un commissariat de Pétion-ville.

Selon lui, les droits humains doivent être au centre des débats dans le processus de reconstruction du pays.

Mais, s'est-il empressé d'ajouter:  pour ce qui est des violations de droits humains en Haïti, les policiers haïtiens ne sont pas les seuls à pointer du doigt. Renan Hédouville rappelle  que les casques bleus de la MINUSTAH sont aussi des violateurs de droits humains.

Il a cité entre autres, le cas d’un jeune garçon violé par cinq casques bleus uruguayens à Port-Salut et d’un récent cas de bastonnade dont trois jeunes ont été victimes de la part d’une patrouille nocturne brésilienne de la Minustah.

Sans vouloir commenter les mécanismes d’élaboration de ces rapports, Renan Hédouville estime que la communauté internationale ne devrait pas fermer les yeux sur les actes reprehensibles commis par de nombreux  casques bleus présents sur le sol haïtien.

Pour beaucoup d'autres secteurs, les auteurs des rapports des deux instances de l'ONU, pour les rendre crédibles et sérieux, devraient d'abord faire le ménage à la maison, faire etat des graves exactions dont les agents de la MINUSTAH sont accusés d'avoir commises,  dont des sévices corporels et des abus sexuels, au lieu de chercher à les occulter.

http://www.ahphaiti.org/ndujour.html