Mobilisation contre la MINUSTAH à Mirebalais !

Mobilisation contre la MINUSTAH à Mirebalais !

Par Evens Pierre Louis

Haiti Liberté,édition du 11 au 17 Janvier 2012

La toute première journée de l’année
2012 a été accueillie à Mirebalais par un mouvement de mobilisation contre les soldats de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) pointés du doigt dans plusieurs actes arbitraires contre la population haïtienne dont l’épidémie de Choléra qui a déjà fait plus de 7000 morts et plus de sept cent mille personnes infectées.

En marge de la célébration du
208e anniversaire de la proclamation de l’Indépendance d’Haïti, des dizaines de Mirebalaisiens motivés par le patriotisme et conscients du tort causé par ces soldats des forces d’occupation de l’ONU, ont monté la garde devant la base de la Minustah située dans la localité de Meille qui donne son nom à la Rivière où les soldats onusiens ont jeté leurs matière fécales atteignant ainsi le fleuve Artibonite et causant la propagation immédiate de l’épidémie de Choléra que la terre d’Haïti n’a jamais produite. À Saint-Marc, le 9 décembre dernier à l’orée du 63e anniversaire de la déclaration Universelle des droits de l’homme, à l’initiative du Bureau des Avocats Internationaux (BAI), cette mobilisation se voulait un signal clair à l’organisation des Nations Unies dans le but de dévoiler pour la énième fois le ras-le-bol du peuple haïtien qui réclame à gorge déployée justice et réparation pour des familles victimes des actes criminels des soldats de l’ONU sur leur propre territoire et le départ des soldats rémunérés rien que pour violation des droits de la population.

« On est là aujourd’hui, ce premier janvier 2012, pour dire NON aux actions abusives des soldats onusiens contre le peuple haïtien. Nous venons dire aux Nations Unies qu’on n’en peut plus attendre, qu’il est temps que les victimes de la Minustah trouvent justice et réparation selon les normes établies par la loi », a déclaré, Me. Mario Joseph.

Les déclarations de maître Mario Joseph aux micros des journalistes n’ont fait que raviver les slogans scandés par la foule massée devant la base des soldats népalais de la Minustah, accusés d’être à l’origine de l’épidémie de Choléra en Haïti.« Non à la soupe Choléra ! Non aux agissements abusifs de ces soldats venus de nulle part pour soi-disant nous garantir une quelconque stabilité. Justice et prise en charge de la liste des victimes de la barbarie onusienne... » Autant de slogans hostiles aux soldats en face scandés par les Mirebalaisiens qui se considèrent comme les toutes premières victimes du Choléra à travers le pays. »

Le soleil de plomb ne fait plus peur quand on doit défendre ses intérêts et ceux du reste du pays ; c’est ce que semblaient dire ces pères et mères de familles entourés d’un nombre important de jeunes de tous âges venus témoigner leurs déboires qu’ils qualifient de méchanceté de la part de la Minustah, agissant à l’image d’un monstre qui se croit indomptable.

« Ma fille a perdu l’année scolaire à cause du choléra. Mais Dieu soit loué, elle en est sortie saine et sauve. Le problème c’est qu’elle garde encore les séquelles. Tout ceci est à cause de l’ONU qui n’a pas testé ses soldats avant de les envoyer chez nous », a raconté un père de famille qui a également été touché par l’épidémie en emmenant sa fille à l’hôpital, selon ses dires.

Des cultivateurs, des professeurs d’école, des marchandes ambulantes... la liste des victimes est longue et les témoignages pour le moins désespérants. La tristesse au visage suffi pour retracer les dégâts et les pertes en vies humaines apportés par l’épidémie de Choléra dans leur communauté.

« Cinq membres d’une même famille ont été enterrés le même jour ; j’en ai été touchée moi aussi. J’ai dépensé beaucoup d’argent pour être débout ici aujourd’hui. Ma mère est morte, mes deux frères sont morts de choléra. Je n’ai donc plus personne. J’ai tout perdu à cause du choléra. La Minustah doit laisser le pays et sans délai ». Cette jeune dame dans sa trentaine n’a pas pu retenir ses larmes en témoignant via le mégaphone mis à la disposition des victimes qui voulaient partager leur sort.

Contrairement aux autres formes de mobilisation contre la Minustah terminées parfois dans la violence, le Sit-in du premier Janvier 2012 s’est déroulé sans incident sous le regard vigilant des agents de la Police Nationale et des soldats de la Minustah sillonnant l’intérieur de leur base militaire. Les organisateurs se sont félicités de la réussite de cette mobilisation anti-Minustah qui rentre dans le cadre d’une démarche légale en vue de sortir le pays du joug de l’occupant, selon maître Mario Joseph représentant du Bureau des avocats Internationaux
(BAI). L’homme de loi qui affiche une ferme détermination dans le cadre de cette levée de Boucliers contre les abus reprochés aux soldats de la Mission onusienne, confirme avoir déjà déposé une plainte au siège des Nations Unies à New York et également au Log Base de la Minustah en Haïti depuis le 3 Novembre
2011. En dépit du feedback déjà obtenu sur ce dossier qui semble être a l’étude selon Me. Mario, on ne doit pas laisser passer trop de temps sans sonner la sonnette d’alarme pour réveiller ce chat qui ne doit en aucun cas dormir a poing fermé, car le dossier de la Minustah met en jeu notre souveraineté de peuple et qui pis est détruit des milliers de nos compatriotes à travers l’épidémie mortelle de choléra qui a pris considérablement du terrain sur le territoire national.

« Nous autres, en qualité d’avocat, nous n’allons pas uniquement dire qu’on a porté plainte pour que ça reste là. Non ! Nous allons au contraire continuer de faire pression sur le système, le système mis en place par les Nations Unies pour qu’il y ait une commission de réclamation devant recevoir les plaintes de la population victime de la Minustah, conformément à l’accord du
9 Juillet 2004. Le gouvernement de la République doit également prendre ses responsabilités envers le peuple haïtien dans le cadre de ce dossier », a ajouté Me. Mario au terme de la mobilisation hostile à la Minustah dont les soldats sont accusés à tout bout de champ dans des cas de viols collectifs, violation des droits humains, des cas d’assassinat, pendaison, tortures, violences physiques sur des personnes non armées,... pour ne citer que ces genres d’actions non conformes aux règles établies par la Déclaration Universelle des droits de l’homme.

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