Pour débarrasser le Champ de Mars des victimes du tremblement de terre de 2010

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Déplacer les gens du Champ de Mars, les reloger dans le respect. Tout cela pour que "les gens reviennent à une vie sociale normale".

Le Nouvelliste, vendredi le 17 février 2012
Le vendredi 17 février 2012, à l'hôtel Le Plaza (salle Toussaint II), l'OIM a donné un point de presse sur l'état de ses réalisations quant au déplacement des sinistrés du tremblement de terre de janvier 2010 occupant l'aire du Champ-de- Mars. Clément Bélizaire, dit Kéké, représentant du gouvernement, a eu un temps de parole dominant.

Ce projet de relogement des déplacés se trouvant au Champ de Mars est financé par le gouvernement canadien à travers l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Plusieurs partenaires cependant se mettent ensemble pour la réussite dudit projet. Par exemple, certaines agences des Nations unies comme l'UNOPS, le PNUD et l'AIO. L'OIM semble toutefois le chef d'orchestre, sans oublier la mairie de Port-au-Prince. La gestion du projet est assurée par le gouvernement.

176 familles déjà ont été choisies pour être relogées. Sans contrainte. Car, comme l'affirme M. Bélizaire, « les familles sont déplacées volontairement, nous ne décidons pas à leur place ». C'est un effort du gouvernement pour faire revenir ces gens à la vie normale et les sécuriser, selon M. Bélizaire. « Ces gens reviennent à la vie normale, à l'abri des intempéries... Comme l'a dit le président, 'pwomès se dèt' (une promesse est une obligation : traduction libre). Pour lui, les gens reviennent à leur situation antérieure, situation dans laquelle ils étaient avant le séisme de 2010 ».

Par ailleurs, à l'occasion, nous avons pu visionner un film montrant à la fois la démarche suivie par l'OIM pour déplacer les gens et, aussi, les conditions requises pour bénéficier de l'accompagnement du programme. Il s'agit de louer des maisons, pour un prix ne dépassant 20 000 gourdes, pour les gens qui ont été locataires ; de même, de permettre aux gens alors propriétaires de reconstruire leurs maisons. Et ce n'est pas sans conditions. Pour la location, la maison à louer ne doit présenter aucun risque : pas de marque jaune ou rouge du ministère des Travaux publics. Tout comme on ne reconstruira pas de maison située dans des zones à risques. Tel que celles situées dans des endroits escarpés, au flanc des montagnes ou à côté des rivières. On ne veut prendre aucun risque.

Le déplacé bénéficie de mille gourdes pour lui permettre de transporter ses biens. Et le suivi est assuré pour garantir que le bénéficiaire occupera effectivement la maison et éviter les coups fourrés, précise M. Bélizaire, reconnaissant toutefois la possibilité de quelques magouilles.

Par ailleurs, rappelle-t-il, « le gouvernement ne pourra pas prendre en charge définitivement les gens, cela n'est pas de son ressort, nulle part cela ne se fait».

Actuellement, quatre des places du Champ de Mars ont été libérées. Dont la Place Boyer, Catherine Flon, etc.

Si les anciens propriétaires sont pris en compte tout comme les anciens locataires par ce projet, une autre catégorie issue des changements démographiques (pas très claire non ?) est aussi envisagée par le gouvernement.

L'OIM et le gouvernement se targuent d'avoir réalisé tellement de choses. Dans son document de presse, l'OIM parle de 4 600 familles qui occuperaient la place historique du Champ de Mars. Notons qu'il ne s'agit pas de 4 600 personnes, mais de 4 600 familles.

Une attention particulière est accordée à certaines catégories de personnes, jugées plus vulnérables que d'autres. C'est le cas des femmes enceintes, des mères accompagnées d'enfants de moins de cinq ans, des personnes âgées, des familles monoparentales, des personnes vivant avec un handicap et des malades chroniques atteints de tuberculose ou du VIH. Elles ont la priorité « et reçoivent l'aide médicale escomptée », lit-on dans le document.

La participation des gens des communautés respectives est un principe pour l'OIM. Ainsi se trouvent « formées des plateformes communautaires où des projets sont proposés et étudiés ». Beaucoup reste à faire néanmoins. Et le gouvernement en est conscient. Tout comme ses partenaires. En perspective déjà, « deux quartiers seront réhabilités » d'après le représentant du gouvernement, Clément Bélizaire.

A la question du journal concernant la pertinence et l'utilité d'une telle construction - puisqu'il s'agit pour le projet de louer et d'aider à reconstruire-, le gouvernement affirme qu'elle servira à (re)loger la catégorie dite issue des changements démographiques. C'est presque dire que tout le monde aura son compte. Nous attendons. Patients.

Jean Tibère jean_tibere@yahoo.fr