Magouilleur, menteur, imposteur, racketteur
Par Fanfan La Tulipe:Haiti Liberté,le 21 mars 2012
A l’occasion, ma grand-mère paternelle chantait: si m te ou, m ta wont o, wont ta touye mwen. Un refrain qui stigmatisait, certes, tel ou tel autre politicien véreux de son époque, mais qui n’aura jamais été autant d’actualité que ces jours-ci avec le scandale politique et moral causé par un faussaire, un magouilleur, un maître chanteur, un menteur, un imposteur, un usurpateur, un racketteur, en l’occurrence Michel Joseph Martelly, président d’Haïti, aujourd’hui couvert d’opprobre, de déshonneur, d’avilissement, de honte, d’ignominie, d’indignité, d’infamie. Mais la honte ne tuera sans doute pas Martelly, homme obscène, abject et méprisable, car, pour répéter ma grand-mère, chen manje wont li nan chawony.
On n’en revient pas de cette carnavalesque, burlesque, grotesque, bouffonne, caricaturale mascarade du jeudi 9 février 2012, cet ignoble et infâme jeudi de la plus honteuse flétrissure faite à la fonction présidentielle. Sans vergogne, un président au passé déjà ignominieux et sulfureux se donnait en spectacle à la nation et au monde entier, un spectacle navrant, miteux, calamiteux, piteux, pitoyable, misérable, minable, déplorable, lamentable. Un président exhibant de façon quasi narquoise mais certainement malhonnête et frauduleuse huit passeports entachés de graves irrégularités éventuellement mises à nu par la Commission d’enquête sénatoriale.
Il n’y avait aucune raison pour Martelly d’afficher son escroquerie à la face des bonnes gens, d’insulter à ce point la compréhension et l’intégrité morale des gens honnêtes. Il aurait pu laisser sa filouterie, sa friponnerie, sa grossière grivèlerie, sa baraterie, sa saloperie, sa carambouille politicienne, à un subalterne, un souflantyou pour s’en occuper. Je suis sûr que le porteparole Lucien Jura, au parler gras, sirupeux, suffisant, guindé, zuzu, se serait senti très à l’aise pour relayer les menteries d’un patron intellectuellement médiocre, moralement pitoyable qui a eu l’effrontée audace de déclarer : «je vais prouver une fois de plus ma bonne foi. Je vais prouver encore une fois, que le Président Michel Joseph Martelly, ne donne pas de mensonge, que c’est un Haïtien natif natal ‘‘Tèt Kale’’». Un mec qui nage en plein mensonge, vous vous imaginez !
Et puis l’impensable, l’inimaginable, l’inconcevable, l’incroyable, l’inexplicable, l’inadmissible, l’incompréhensible, le renversant, le surprenant, le stupéfiant nous est tombé dessus lorsque ce baveux d’ambassadeur meriken, avec fracas, effronterie et insolence, est venu affirmer à une baveuse assistance: « je peux vous informer que le Président Martelly n’est pas un Américain, c’est un Haïtien. Je peux ajouter également que j’étais avec lui et la Première Dame lorsqu’il a donné sa carte de résidence, lorsqu’il l’a remis au Consulat et nous lui avons donné un visa». Et aussitôt, courtisans, flatteurs, flagorneurs, adulateurs, frotte-manche, lèche-manche, lèche-aisselles, lèche-cul, sousou, ti sousou, gras sousou, souflantyou, couillons, couillonnes, cochons, cochonnes, morpions, morpionnes d’applaudir à tout rompre les deux menteurs, les deux je chèch.
Comment Martelly a-t-il pu avoir le culot de présenter des passeports qu’il savait grevés de graves irrégularités remarquées par la grande majorité des observateurs sains d’esprit et de jugement ? On sait le mec obscène mais pas con au point de s’être fait piégé par de moins cons que lui. Pratiquement tous les passeports faisaient problème.
Le passeport No. 7 affichait 33 pages au lieu des 32 réglementaires. Tel passeport, haïtien, montrant que Martelly avait laissé Haïti 21 fois ne révélait la présence d’aucun sceau indiquant le lieu d’arrivée du passager Micky. Un passeport dont l’année d’expiration était 2004, portait un sceau d’immigration U.S.A daté de...2005. Aucun passeport ne montrait qu’il avait été annulé par une perforation. De 1997 à 2004, quatre passeports haïtiens ont été émis au nom de Martelly. Aucun d’eux n’indique que le livret de voyage n’était plus valide. Sur les passeports (haïtiens) on ne voit pas un seul sceau de l’immigration américaine, indiquant l’entrée du détenteur aux Etats-Unis. Comment est-ce que Martelly est entré aux Etats-Unis ? Même en admettant qu’il ait pu se transformant en papillon, comment a-t-il pu récupérer ses bagages ? Papillonnement ? Est-on en plein réel merveilleux haïtien ?
Sur cette lancée papillonne, il a été fait état que de 1988 à 2010, aucun passeport n’indique que Martelly soit entré aux Etats-Unis, et Dieu seul sait combien le saltimbanque a voyagé, soit pour se présenter à un tribunal floridien où il a été acculé à payer une pension alimentaire pour son enfant abandonné et dans le besoin, soit pour affaires, peut-être louches, avec le sulfureux Lamothe. Alors qu’un manifeste de l’American Air Line affirme que le 21 novembre 2007 la compagnie n’avait pas de Michel Martelly à bord mais bien un Michael Martelly, l’intéressé, au grand dam de tous exhibait un passeport (haïtien) montrant qu’à cette date il était bel et bien sur ce vol.
Pour comble de confusion, le sénateur Moïse Jean-Charles, lors d’une interview sur Radio Pa Nou, le dimanche
18 mars, a rapporté un entretien avec le ministre Théano, ce drôle d’intermédiaire entre l’Exécutif et le Législatif. Théano lui aurait confié (de la part de Martelly) que le musicien Micky ne pouvait être sur ce vol du 21 novembre puisqu’il était parti en province égayer une soirée dansante. Qui ment ? Qui trompe qui ?
Selon Jean-Charles, l’enregistrement de quatre des huit passeports a été identifié dans les archives à cet effet, nulle trace des quatre autres n’a été retrouvée. Un passeport émis en 1981 porte une date d’expiration en...1993, soit une période de validité de 12 ans, du jamais vu dans les annales «passeportières » d’aucun pays au monde, d’aucun régime, même de celui de Papa Doc où l’imagination débridée ne manquait pas à certains énergumènes tels Luckner Cambronne, Franck Romain, Jacques Fourcand ou d’autres têt loke, qui avaient rêvé d’«Himalayas de cadavres ». Si tous les chemins mènent à Rome, toutes ces graves irrégularités, comiques au point d’évoquer Jessifra ou Tonton Bichat ne conduisent qu’à un seul et même diagnostic: usage de faux par un (ou des) racketteur(s).
Je plains certains directeurs d’opinion qui jusqu’à la semaine dernière parlaient encore de double nationalité «présumée». J’espère qu’à la lumière des dernières données disponibles, ils se ressaisiront. On n’est plus au stade de présomption. Pis, la chose va même au-delà de la simple affaire de nationalité pour revêtir un aspect juridique. La chose est claire comme de l’eau de coco. Le député de Tabarre, Arnel Bélizaire intervenant d’ailleurs sur l’émission de Radio Pa Nou plus haut citée a mentionné que les dispositions doivent être prises maintenant, et promptement par la chambre des députés pour mettre Martelly en accusation.
Entretemps, ce chenapan de président continue de fonctionner comme si de rien n’était. Durant le week-end, il s’est rendu, aux Côtes-de-Fer, à l’occasion de la fête patronale de cette commune, son patelin du reste. Avec le toupet qu’on lui connaît il a rempli le bol des Côtiférois en leur promettant la création d’infrastructures adéquates, telles que la construction du tronçon Côtes-de-Fer/Carrefour 44, apparemment déjà en chantier, l’électrification de la ville, la construction de lacs collinaires. Il a discuté avec la population de certains problèmes liés à l’éducation et au développement des sections communales. Ouais....
Dans la soirée, le Président Martelly s’est adonné à l’un de ses passetemps favoris : la distribution, sur la place d’armes de la ville, de motocyclettes à la population. Le samedi 17 Mars, il a rencontré les élèves du Collège Secours d’En-Haut, à la Hatte Jolibois, les villageois de Laborieux et de Mayette, toujours autour de l’éducation, une éducation qui du reste ne se concrétise pas malgré les millions perçus sur les appels téléphoniques et les transferts d’argent, source de pillage et de corruption comme au bon vieux temps duvaliériste lorsque Cambronne faisait collecter des droits de péage à l’entrée de Cabaret pour la soi-disant construction de Duvalier-Ville, une agglomération mort-née dont le seul lieu d’attraction était la «gaguère».
Un communiqué de la présidence sans doute bien ficelé par Lucien Jura rapporte que : «le Chef de l’état a été acclamé par une foule en liesse». Sait-on à combien de déhanchements lascifs et honteux s’est-il laissé aller durant les festivités en l’honneur du saint patron des Côtes-de-Fer, d’autant que l’homme ne rate jamais les occasions de faire montre de turbulences de son arrière-train et les ambiances propices à ses exhibitions fessardes ?
Martelly est assurément une honte ambulante, grouilladante, déshonorante, dégoûtante, écoeurante, indécente, avilissante et répugnante, parce que magouilleur, menteur, imposteur et racketteur. Un maître chanteur qui après avoir renoncé à sa nationalité haïtienne s’est présenté avec on ne sait combien de faux papiers pour se faire accepter par un CEP terrorisé par les menaces de koupe viza de l’ambassade cinquante-étoilée et les prestations malveillantes et désobligeantes de Hillary Clinton.


