Martelly accusé d'implication dans le scandale de corruption le plus grave de ces dernières années en RD

Martelly accusé  d'implication dans le scandale de corruption le plus grave de ces dernières années en RD, touchant directement les dirigeants des deux pays: le président haïtien aurait reçu d'un sénateur 2.5 millions de dollars et Mirlande Manigat 250.000, selon la journaliste d'investigation Nuria Piera

Agence Haitienne de Presse,Santo-Domingo, le 2 avril  2012

http://www.ahphaiti.org/ndujour.html

Quelques jours après avoir reçu la plus haute distinction du gouvernement dominciain, le chef de l'Etat haïtien est acusé d'im implication dans l'un des plus graves scandales de corruption éclaté en République dominicaine, dont le personnage central est le sénateur Felix Bautista, haut responsable du parti de la Libération domnicaine (PLD) et ami personnel du président Léonel Fernández.

Selon les résultats d'une enquête  révélés samedi dans son programme "Nuria en 9" par la journaliste senior, Nuria Piera, des données diffusées depuis l'année dernière en Haïti, ont été confirmées comme des faits réels dont la responsabilité incombe aux dirigeants des deux pays, selon l’ agence en ligne Espacio de Comunicion Insular.

Ainsi, il aurait été constaté que, de manière déloyale, en utilisant des prête-noms  pour  certaines de ses entreprises, Bautista a pris part à un appel d'offres restreint où ses firmes ont remporté des contrats pour la construction de plusieurs ouvrages en Haïti, pays  desvasté par un violent tremblement de terre en janvier 2010. Dans ce cas particulier, certaines autorités haïtiennes ont prétendu qu'elles ne savaient pas qu'il s'agissait  d'une seule et même personnalité, sous le manteau de trois sociétés.

Néanmoins, des informations ont laissé entendre que d'autres responsables haitiens impliqués dans les appels d’offres, étaient au courant et maintenaient  directement des contacts avec le sénateur ou avec ses représentants.

L'enjeu, dans l'immédiat est un pactole de US$ 385 millions,  montant de contrats qui seraient remportés frauduleusement pour des travaux en Haïti par les entreprises HADOM Rofi, et Constructora Mar dont le principal actionnnaire est Bautista qui   travaille en association avec la Firme RMN.

À cet égard, un chroniqueur du quotidien El Nacional et commentateur politique de la station Z-101 Juan Tavares Hernandez, estime que même pour l'Université  Henri Christophe de Limonade, le chantier   assigné, à son avis, de facon irregulière à « Constructora Mar »  pour un montant équivalent à environ 30 millions de dollars, ne devrait plus être considérée comme un don du peuple dominicain au peuple haïtien. "Ce projet fait partie de sombres negoces d'entreprises apartenant à des secteurs liés au gouvernement" (dominicain) a écrit dans un article, le journaliste qui a aussi affirmé être «embarrassé et attristé" par les actions des dirigeants de son pays en Haiti.

Il se dit que que la grille des pots de vins payés aux fonctionnaires corrompus des deux cotés de l’île sur des contrats ou des operations financières est de l'ordre de 10 a 15%.

À Port-au-Prince, ce qui n’ était cependant pas connu, c’ est le fait par Bautista d’ enregistrer les noms de tous les beneficiaires de  ses transactions financières, copiant ainsi le modele de corruption de Rafael Leonidas Trujillo, ce dictateur qui a ordonné le massacre de milliers d'Haïtiens en 1937, tout en soumettant à ses objectifs,  des dirigeants haitiens à travers de gracieux pots de vin. En imitant cette strategie,  Bautista  explique qu'il n'est pas question qu'il tombe seul, selon des analystes.

Selon les documents présentés a la television et disponibles sur le reseau internet Piera a travers  plusieurs comptes à la Banque de réserves dominicaine et une banque haïtienne  en espèces ou par chèque, directement ou via les intermediaires Ricardo Jacobo et Victor Reynoso, Martelly aurait recu de Felix Baustisa, de ses entreprises et de ses amis, des sommes totalisant plus de US $ 2. 5 millions  .

Chaque opération est enregistrée avec le nom du président Haïtien ou de l'intermédiaire.

Selon l'enquête, les pots de vins ou contributions ont commencé depuis la campagne électorale. Dans ce sens, Bautista a aussi versé une somme US$ 250,000 à Mirlande Manigat, secrétaire gen´rale du RDNP et  candidate malheureuse à la dernière présidentielle . Par ailleurs, les deux candidats avaient été invites a prononcer des conferences a la capitale Dominicane, par la FUNGLODE, une organisation pro-gouvernemental  créé par le Président Fernández, qui considère le senateur  Bautista comme un fils.

Comme pour tenter d'expliquer que les contrats passés avec les compagnies étrangères notamment dominicaines sous le gouvernement Préval/Bellerive, étaient honnêtes et aussi dans le souci de faire taire les accusations, l'ancien Premier ministre Jean Max Bellerive, avait récemment bien pris soin de préciser que le présdent Martelly et son équipe ont été consultés pour l'obtention de la ratification des contrats millionnaires.

Martelly arrivé au pouvoir en mai de l'année dernière, a toujours été présenté comme un anti-système,  qui a promis, lors de la campagne électorale de 2010-2011, d’en finir avec les  les pratiques  de corruption connues dans la fonction publique haïtienne.

Cependant, l'enquête relève que le nouveau president a accordé son autorisation, malgré la réticence et les questionnements  de Daniel Rouzier, son ami et premier candidat pour le poste de chef de gouvernement dont la nomination a été rejetée par le parlement.

Plus tard, le Premier ministre Garry Conille  dont la demission motivée par des raisons politiques internes, lié pour la plupart  au  dossier des contrats suspects, a créé une commission d'enquête, révélant de graves irrégularités et un traitement  contraire aux intérêts nationaux dans ces contrats.

Le gouvernement dominicain, sans arriver à  convaincre l'opinion publique insulaire,  a dementi avoir  exercé des pressions sur Port au Prince pour obtenir la démission de Conille.

La constitution haïtienne et la loi électorale de 2010 ne prévoit pas les cas de financement étrangers des candidats haïtiens. En plus, les articles 130 à 135 de la loi électorale font références à une exigence pour le candidat ou son parti, de 30 jours après la publication des résultats d'envoyer au Conseil électoral provisoire, la liste des contribuables qui ont versé plus de 100.000 gourdes (environ US $ 2.380).  Il est interdit par la loi à recevoir des dons d'unemême source, pour plus de 2 millions de gourdes (environ US $ 48.000).

La violation de ces obligations  est passible de 10 à 15 jours de prison.

La presse dominicaine relève qu'après seulement 10 mois  au  pouvoir, le président haïtien est engagé dans plusieurs conflits avec le parlement, les secteurs influents de la classe politique, la société civile et la presse haïtienne, en raison de questionnements sur sa veritable nationalité, sa véritable identité et les tendances autoritaires de sa gestion, ce qui conduit  deux parlementaires, le sénateur Moïse Jean Charles et le deputé Arnel Belizaire, a brandir  la possibilité de sa mise en accusation.

Pour Jean-Michel Caroit, correspondant du journal Le Monde sur l'île, interrogé dans son programme par Piera,  au-delà des contributions contraires à l'éthique à la campagne électorale haïtienne, le fait de retracer des transactions financières de Bautista avec le nom de Martelly , après avoir assumé la présidence, "on se retrouve ainsi  confronté à des cas évidents de paiements de pots de vins » .

La presse dominicaine relève aussi que la décoration par le president Leonel Fernandez de son homologue haïtien lors de la visite officielle de ce dernier dans la capitale dominicaine  le 26 Mars dernier, a été  très critiquée  dans l’opinion publique  au milieu de ces scandales et du fait que selon le manuel  des honneurs aux personnalités etrangeres, le recipiendaire n’ a officiellement réalisé aucun  «service distingué digne de reconnaissance»  par l’ l’Etat dominicain.

Le geste de Léonel Fernández  a conduit beaucoup  de gens à penser qu’ il ne  s’ agissait pas d’ une simple ceremonie protocolaire, mais d'une décision mue par d’autres intérêts.

la prese dominicaine a denoncé le fait que Fernandez en soit venu à dire que, Martelly a été le premier mandataire a recevoir le pouvoir d un autre elu. En fait, la première  passation de pouvoir entre presidents démocratiquement elus a été faite  en février 2001 entre Jean Bertrand Aristide et René Préval .

Dans differents milieux politiques dominicains, le soutien politique au président haïtien semble être justifié d'abord, par la nécessité pour la République dominicaine d’ assurer le maintien des contrats, contrairement aux recommandations de suspension de la commission d'enquête Conille, deuxièmement, pour assurer la participation continue des entreprises du sénateur Bautista dans la reconstruction d'Haïti, particulièrement, en cas de défaite du Parti de la Libération Dominicaine, lors des élections de mai prochain en République dominicaine.

Le sénateur, qui est également secrétaire du PLD (parti au pouvoir), bien qu'il ait une mauvaise image dans la société dominicaine, mais à cause de ses importantes contributions à sa famille politique, a reçu un appui  public du comité central du parti, qui s’est étendu au Sénat de la République dominicaine. Parmi d’ autres defenseurs apparaît un collègue et ancien consul général en Haïti et également proche de Fernandez, qui aurait reçu des largesses de Bautista, 250.000 $ deposés sur un compte  à Port au Prince, selon Nuria Piera.

Dans cette même banque, selon Acento.com, un site dominicain  géré par  Piera, un partenaire du sénateur Bautista, et président de la société Rofi SA,  gère un compte personnel ouvert depuis Octobre 2010 avec une somme millionnaire et qui ne semble pas destiné à des engagements de la société. Des informations non  confirmées relayées par la presse dominicaine,  suggèrent que ces fonds seraient disponibles pour corrompre des parlementaires qui  s'opposeraient aux contrats.

L'AHP a tenté en vain d'obtenir la reaction de la presidence haïtienne sur cette affaire. Quant à Mirlande Manigat , elle a démenti les affirmations de Nuria Piera contenues dans un rapport détaillé.