La plaine des Gonaïves à l'épreuve de la sécheresse

Le système d'irrigation détruit dans certaines parties de la plaine des Gonaïves suite aux passages des cyclones de 2008 fait défaut aux paysans de sept localités. Ces derniers sont à l'épreuve d'une longue période de sécheresse dans le Haut-Artibonite.

Le Nouvelliste, 10 avril 2012
Des paysans de plusieurs localités de la plaine des Gonaïves se sont plaints d'une grande sécheresse qui s'abat sur leur région depuis plusieurs mois. Les pluies hors-saison qui inondent des quartiers entiers de Port-au-Prince, la capitale haïtienne n'ont pas touchées la plaine des Gonaïves.

Sept localités de la ville qui se remet progressivement des conséquences des inondations meurtrières et catastrophiques de 2004 et de 2008 s'inquiètent pour leurs plantations menacées par la sécheresse. « La situation est tellement grave que même l'herbe pour nourrir nos bétails se fait de plus en plus rare », a lancé Jacques Jean-Pierre qui dit craindre aussi la mort des animaux d'élevage, en raison de leur sous-alimentation.

Les cultures d'haricots, d'aubergines, de sorgho (petit-mil) et de maïs sont désormais menacées dans les localités de Marotte, Deux-Barrières, Canal-Bois, Pont-Tamarin, Haut-Fillier, Caillon et Bois-Marchand, selon des paysans interrogés par l'Agence Artibonitienne de Presse (AAP). Les populations des localités sus-mentionnées ont déploré la malnutrition due aux mauvaises récoltes. Les femmes et les enfants en sont les victimes immédiates. L'agriculture étant leur seule source de revenus.

Le secrétaire de l'Association des irrigants de Deux-Barrières (4ème section communale des Gonaïves), Rigaud Thélusma, a expliqué que la sécheresse est provoquée par la rareté des pluies. Cette sécheresse a de sérieuses conséquences sur la production agricole ainsi que sur l'élevage des animaux, a poursuivi M. Thélusma qui répondait aux questions de l'AAP. Cette situation, a-t-il dit, pousse les paysans à pratiquer l'élevage libre.

La situation des paysans de Deux-Barrières et des autres sections communales, selon Rigaud Thélusma, s'est aggravée en raison de l'inexistence des canaux d'irrigation dans la zone. Le système d'irrigation, a-t-il rappelé, a été détruit lors du passage des cyclones Hannah et Ike en 2008.

Le secrétaire de l'Association des irrigants de Deux-Barrières lance un appel aux responsables locaux du Ministère de l'Agriculture pour qu'ils interviennent dans cette région en vue de la réhabilitation du système d'irrigation.