Fortes tensions et accusations de corruption à la séance de ratification de Laurent Lamothe
Le vote prévisible de la majorité de l’assemblée en faveur du Premier ministre désigné serait monnayé, selon certains élus
Radio Kiskeya,Port-au-Prince,le jeudi 3 mai 2012
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La Chambre des Députés était tard jeudi soir le théâtre d’une séance particulièrement heurtée au cours de laquelle de graves accusations de corruption fusaient de toutes parts contre les élus gonflés à bloc, en majorité, derrière le Premier ministre désigné, Laurent Lamothe, dont le sort dépendait de l’issue du vote.
Face aux nombreux dérapages suscités par la présentation du rapport favorable de la commission spéciale ayant analysé les pièces de l’actuel chancelier démissionnaire, le président de l’assemblée, Levaillant Louis-Jeune, a même menacé de lever la séance arguant que les parlementaires devaient projeter une « image plus digne d’Haïti ».
Le Député d’Aquin (sud), Fritz Gérald Bourjolly, considéré comme un allié du Président Michel Martelly, a accusé certains de ses pairs d’avoir monnayé leur vote en recevant des pots-de-vin du candidat à la Primature.
Cette charge violente et les interventions des Députés Arnel Bélizaire, Sorel Jacinthe et Sadrac Dieudonné dénonçant l’inéligibilité de Laurent Lamothe ont provoqué de vives tensions au sein de l’assemblée qui pourraient constituer un relais des profondes divisions qui agiteraient le sommet du pouvoir sur ce processus de ratification.
Les considérations les plus critiques ont mis en lumière la rédaction expresse en 24 heures du rapport de la commission qui contient des recommandations favorables à l’homme d’affaires et ami proche du Président Martelly en dépit des « irrégularités » constatées dans son dossier.
Cependant, les problèmes de résidence, de paiement de ses redevances fiscales et de l’obtention de sa carte d’identification nationale seulement en août 2011 reprochés à Laurent Lamothe pourraient difficilement lui faire perdre le soutien de la majorité.
Successeur potentiel de Garry Conille, démissionnaire depuis février, le ministre des affaires étrangères avait déjà obtenu le feu vert du Sénat, lors d’un vote très controversé.


