Des élections "akwochay" s'annoncent!

Des élections "akwochay" s'annoncent!

Haiti Progres

Le samedi 16 Octobre 2010

Plus d’une semaine après le lancement officiel de la campagne électorale à travers sa première phase dite non-verbale, une ineptie, la guerre des affiches gagne de plus en plus de terrain à travers la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans les autres régions du pays.

L’affichage des photos des principaux candidats impliqués dans la course électorale du 28 novembre prochain se réalise en totale violation du droit à la propriété privée. Le moindre espace disponible, où qu’il puisse se trouver, sert de support pour vendre l’image des candidats. «J’ai vu des photos et des posters sur les murs extérieures des édifices privés, alors que l’article 124 de la loi électorale en vigueur interdit ces pratiques», a noté la conseillère électorale Ginette Chérubin, ajoutant : «Ces mauvais comportements durant la campagne porteront le CEP à saisir les instances compétentes afin de punir les auteurs des infractions à la loi électorale».

Cette période de la campagne électorale est en train également de mettre à nu la grande disparité qui existe au niveau des moyens financiers dont disposent les partis politiques et des candidats pour mener leur bataille. En effet, si certains prétendants sont pratiquement invisibles sur les panneaux publicitaires, d’autres en revanche envahissent de plus en plus les moindres recoins de la capitale et des villes de province. C’est le cas particulièrement du dauphin du président de la République, le candidat de la plateforme Unite, Jude Célestin.

A ce sujet, le candidat à la présidence du parti MODEJAH, le sénateur Jean Hector Anacacis, dit prôner de préférence une campagne de proximité. Car, selon lui, il est indécent d’agacer de la sorte des gens qui dorment depuis déjà des mois sous des tentes en étalant devant eux sans la moindre pudeur ces grands moyens financiers dans le cadre d’une campagne électorale. Mais, Anacacis est aussi un indécent en annonçant que des sénateurs et commerçants dominicains le supporteraient financièrement.

Concernant les sondages qui font des heureuses et des malheureux, c’est la candidate à la présidence Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Myrlande Manigat, qui arrive en tête de deux sondages réalisé par le Bureau de recherches en informatiques et en développement économique et sociale (Brides). Le premier a été réalisé sur un échantillon d’environ 6,000 personnes dans différentes régions du pays. Mme Manigat obtient 23.1% des intentions de vote et est suivie de Charles Henri Baker (Respè) 17.3%, Michel Martelly (Repons Peyizan), 17,1%, Jacques Edouard Alexis (MPH) 8,1%, Chavannes Jeune (ACCRA) et Jude Célestin (Inite) 7,8%. Pour le reste, le score ne dépasse pas la barre de 2,1%. D’après le deuxième sondage, Mme Manigat est toujours en tête. Inutile de s’attarder plus sur ces « sondages » pour induire les gens en erreur. Ces sondages (4 en tout) sont commandités par le secteur économique du secteur privé des affaires. Donc, de la bourgeoisie pro nord-américaine. Alors, on sait à quoi s’attendre. Elle a de qui tenir.

En dépit de l’avance du processus qui doit conduire au vote du 28 novembre 2010, les doutes persistent encore sur la capacité du Conseil électoral provisoire (CEP) à réaliser des élections qui soient justes, transparentes et impartiales. Dans une prise de position conjointe, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) et le Conseil national d’observation (CNO), prévoient que le pays pourrait sombrer dans une crise post-électorale si des ajustements ne sont pas apportés dans le processus. «Dès sa création, ce nouveau CEP est considéré par plus d’un comme étant une institution totalement dépendante du pouvoir en place. Cette impression s’est trouvée renforcée avec la décision de ce CEP d’écarter, d’entrée de jeu, de la course électorale pour les postes à la députation et au sénat, des partis politiques reconnus, habitués aux compétitions électorales, dont Fanmi Lavalas …», déplorent ces organisations ajoutant : «Les officiels haïtiens et étrangers se targuent d’avoir tout mis en œuvre pour la réalisation d’un scrutin libre, honnête, et démocratique.

Cependant, sur le terrain, la réalité est toute autre et les observations faites par le RNDDH et le CNO démontrent que déjà, le processus électoral est entaché de graves irrégularités et de problèmes majeurs, susceptibles de compromettre le scrutin du 28 novembre 2010 et, par ricochet, la stabilité du pays». D’un autre côté, l’Office National d’Identification (ONI) vient de prouver que ses élections sont déjà manipulées et contredisent les dires d’Edmond Mulet qui espère, hypocritement, que la population participe en masse à ces joutes. « L’Office National d’Identification (ONI) rappelle au public en général et aux citoyens en particulier que toute personne inscrite après le 28 septembre 2010 n’aura pas le droit de voter aux élections présidentielles et législatives prévues le 28 novembre ». Tout simplement, l’exclusion bat son plein.

En ce qui a trait d’autre part à la question de la sécurité à l’approche des élections, le Premier ministre haïtien Jean Max Bellerive et le chef de la Minustah, Edmond Mulet, ont tous deux donné la garantie que les dispositions nécessaires ont été prises pour mettre la population en confiance. Le porte-parole de la Police nationale d’Haïti (PNH), le commissaire Frantz Lerebours, a abondé dans le même sens, déclarant : «Nous sommes prêts à sécuriser les électeurs. Les candidats et les bureaux de vote se trouvant aussi bien dans les zones dites rouges que dans les autres régions du pays». Exprimant en outre sa préoccupation par rapport à la recrudescence des actes de banditisme à Pétion ville et dans les zones avoisinantes, le commissaire Lerebours a tenu à souligner que le haut commandement de l’institution policière n’envisage pas d’affecter des policiers à la sécurité rapprochée des candidats en raison de l’effectif réduit de la PNH. Mais, une question extrêmement importante refait surface après avoir été introduite par un rapport de l’ONU. Il y a une nette augmentation d’armes dans le pays. Sans donner aucune explication sur leur provenance et leurs récipiendaires. Le chef civil de la force d’occupation Edmond Mulet était resté muet sur ce sujet dans son adresse à ses partisans nationaux et internationaux.

Aujourd’hui, c’est le candidat du MPH, Jacques E. Alexis, toujours amer d’avoir été lâché par René Préval qui dénonce ce dernier sans prendre de gants. « Des armes ont été distribuées, Préval veut se maintenir au pouvoir » a avancé Alexis. « Kabrit tomazo menm plim menm plimay. » Donc, il sait ce qu’il avance. D’un autre côté, dans la nuit du 3 au 4 octobre, un incendie a éclaté au bureau de l’ONI dans la ville des Cayes. D’après les autorités de l’ONI, cet incendie est d’origine criminelle. Qu’on aille chercher les coupables au sein de la camarilla qui organise ces joutes. Alors, que le peuple reste chez lui le 28 novembre et laisse l’aigle et ses enfants se disputer la proie.

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