Haïti-2019: l'année du dialogue franc, constructif ou rien du tout Par Haïti Press Network, publié le 4 janv 2019

Par Haïti Press Network, publié le 4 janv 2019 

On a vu un président souriant lors des deux premiers jours de l’année aux Gonaïves et à Port au Prince entouré de sympathisants venus supporter le chef de l'Etat dans sa quête de popularité et à la recherche de légitimité pour réaliser le dialogue tant prôné. 

Un dialogue quï sera d'une importance historique et patriotique, car de l'autre coté de la frontière, les dominicains prennent très au sérieux la menace de la migration haïtienne qui reste un réel caste tête pour l'économie dominicaine. La RD déverse plus de 60% de ses produits en Haïti, c'est peut être l'une des nations qui garde la plus grande rancoeur contre notre pays. 

Cependant, cette nation n'est pas la plus courtoise envers nos frères pauvres à la recherche d'opportunités. L'arrêt 168-13 pris par le gouvernement de Danilo Medina est venu confirmer cette haine plus de 80 ans après le massacre de Raphael Trujillo Leonidas Molina en Octobre 1937. 

Aujourd'hui, la République dominicaine est un membre du Conseil de Sécurité de l'ONU et pendant tout le mois de janvier, elle assurera la présidence de ce Conseil avec possibilité d'influencer les décisions de cet organisme international. ce grand coup diplomatique des dominicains sera pas sans conséquence. 

Il est important de définir les règles du jeu à l'approche des élections. Il faut s'il le faut reporter ces joutes électorales et de trouver un modus operandi sur la gestion de l'Etat. Les Etats Généraux peuvent être considérés comme un échec dans la tentative de dialoguer, cependant, les échanges ont été de niveau et ont permis de voir que la majorité des haïtiens veulent un changement dans le mode de fonctionnement de l'Etat. Trop de parlementaires pour une petite nation. Les gens ont montré une préférence pour un vice-président au lieu d'un premier ministre. 

Ils soulignent à l'encre fort leur rejet d'un commissaire de gouvernement et désapprouve la mise à l’écart systématique du pouvoir judiciaire dans les prises de décisions. C'est terrifiant de voir la façon dont la justice fonctionne dans ce pays  après 215 ans d’indépendance. 

Les préoccupations d'avant l’indépendance restent presque les mêmes. L'école fonctionne dans un grand mensonge intellectuel; pas de soins de santé pour la majorité; pas de pouvoir économique réel; la corruption seule clé pour atteindre le sommet; notre système social et de sécurité publique  s'est effondré. Bref, Haïti est au bord du gouffre. 

l'Effort citoyen est plus qu'une nécessité pour garder vivant cette nation. C'est bien le moment de dialoguer et trouver un consensus pour sortir le pays de ce marasme économique et financier. C'est le moment d’arrêter le petit jeu du chat et de la souris; de Bouki et de Malice. Nous risquons un jour de voir en jouant à la malice nous étions tous des "Bouki". 

Les menaces semblent etre partout, mais la première vient surtout de notre manque de vision, de maturité politique et notre piètre organisation de la chose. Il nous faut aussi simplement copier l'exemple du Rwanda avec le courage de se dire la vérité en face et d'avancer main dans la main malgré tout.