Le Rnddh et la Fjkl dénoncent l’indifférence de l’Etat face aux victimes des violences de gangs armés à Martissant et ses environs

Par Alter Presse, Haïti, publié le 4 juin 2021 

« Les autorités de facto s’allient aux gangs armés pour terroriser et massacrer la population » 

Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) et la Fondasyon je klere (Fjkl) condamnent le silence du régime de facto, vis-à-vis des cris d’alarme lancés par les habitantes et habitants de Martissant et de Fontamara (sud de la capitale), qui continuent d’être terrorisés par les gangs armés, dans des interviews accordées à AlterPresse/AlterRadio. 

Depuis le 1er juin 2021, les quartiers de Martissant et de Fontamara sont le théâtre d’affrontements armés entre gangs rivaux, faisant déjà plusieurs personnes mortes et blessées. 

L’axe Martissant/Fontamara est inaccessible. Quatre départements (Sud-Est, Sud, Grande Anse et Nippes) sont coupés de la capitale, Port-au-Prince, rapporte Pierre Espérance, directeur exécutif du Rnddh, dans un entretien à AlterRadio/AlterPresse. 

« Ce qui se passe à Martissant et les zones environnantes représente une forme de banalisation de la vie des citoyennes et citoyens », déplore le Rnddh, tout en présentant ses sympathies, non seulement aux familles des personnes tuées et blessées, mais aussi à toutes celles et à tous ceux qui sont pris en otage par les bandits, dans ces zones. 

Cette situation tendue résulterait d’une mauvaise gestion de la sécurité en Haïti, de la part du régime de facto en place qui, depuis son accession, au pouvoir, ne cesse point d’armer les gangs et de les fédérer. 

Ces gangs, qui opèrent notamment dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, sont impliqués dans une douzaine de massacres, perpétrés pour le compte de ce régime, rappelle le Rnddh. 

Ces affrontements armés entre gangs rivaux, qui visent à contrôler plus d’espaces, pourraient être, entre autres, une diversion du pouvoir pour casser la mobilisation populaire contre le référendum jugé inconstitutionnel et illégal, souligne le Rnddh. 

Cette insécurité d’État bien planifiée vise également à créer une psychose de peur chez la population, dans le but de faire faire échec à ses mouvements de protestations. 

La Police nationale d’Haïti (Pnh) est totalement absente, parce qu’elle est politisée et instrumentalisée. Seul un soulèvement de la population aidera à résoudre le problème de criminalité, estime le Réseau national de défense des droits humains. 

Le Rnddh dénonce les comportements des autorités de facto, qui s’allient aux gangs armés pour terroriser et massacrer la population, notamment les personnes les plus vulnérables. 

Le Rnddh encourage la population à se mettre debout, pour faire échec au plan dictatorial du régime de facto, qui projette d ;organiser un référendum inconstitutionnel et illégal, le 27 juin 2021, et des élections irrégulières, qui risquent de déboucher sur un chaos. 

Cri d’alarme en faveur de la population de Martissant et de Fontamara 

Pour sa part, la directrice exécutive de l’organisme de défense des droits humains, la Fondasyon je klere (Fjkl), Marie Yolène Gilles, lance un SOS aux autorités, afin de porter secours aux communautés de Martissant, de Fontamara et des environs, qui continuent d’être victimes, en grand nombre, sous les balles de bandits, dans un entretien à AlterRadio/AlterPresse. 

Cette situation augmente considérablement le nombre de personnes vulnérables, de personnes déplacées internes. 

« Où sont les autorités de l’État, le président, le ministre de l’intérieur, le ministre de la défense, le ministre des affaires sociales, la police », se demande la Fjkl. 

La Fondasyon je klere alerte sur la situation catastrophique de plusieurs familles, qui, contraintes de se déplacer et d’aller se réfugier sur la place de Fontamara, se retrouvent livrées à elles-mêmes. 

« Les Haïtiennes et Haïtiens deviennent des personnes réfugiées dans leurs propres pays. L’État ne saurait continuer à livrer la population aux violences des gangs armés, alors qu’il gaspille de l’argent dans un projet de référendum en dehors de la Constitution et de la loi ».