La CNSA craint une détérioration des conditions de sécurité alimentaire dans le pays

La CNSA craint une détérioration des conditions de sécurité alimentaire dans le pays 
 
 
Selon la CNSA, une probable détérioration des conditions de sécurité alimentaire est à craindre dans le pays. Le retard constaté dans la récolte dû au début tardif de la saison pluvieuse, les effets pervers des chocs climatiques et la tendance à la hausse du niveau des prix des produits alimentaires importés seraient à la base de cette situation. 
 
Dans son dernier bulletin publié sur les perspectives des conditions de sécurité alimentaire, au début du mois de juillet, la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) fait part de son inquiétude concernant une possible accélération de la détérioration des conditions de sécurité alimentaire dans le pays, notamment au niveau de la disponibilité et de l’accès. Plusieurs causes seraient à la base de cette crainte dont le retard constaté dans la récolte dû au début tardif de la saison pluvieuse, les effets de la décapitalisation causée par la succession des chocs climatiques de 2012 encore présents et qui risquent de s’aggraver sous la menace imminente de nouvelles intempéries et la tendance à la hausse du niveau des prix des produits alimentaires importés pour cette période. 
 
Selon la CNSA, le retard constaté au niveau de la récolte d’automne a fait reculer d’environ deux mois le lancement de la campagne agricole de printemps 2013. Une situation qui résulte d’une part, d’un manque de semences et, d’autre part, de la saison pluvieuse qui n’a effectivement débuté qu’à la deuxième semaine du mois de mai. Généralement, les mois de juillet et d’août sont essentiellement consacrés aux récoltes de printemps qui coïncident aussi avec les préparatifs pour le lancement de la campagne agricole d’été. À noter qu’il y a une forte corrélation entre ces deux campagnes agricoles car de la réussite de la première dépende de celle de la seconde. En fait, c’est de cette dernière que proviennent les semences pour l’emblavement des terres de la campagne agricole d’été. Les mauvais rendements enregistrés lors de la campagne de printemps, selon la CNSA, devraient faire chuter la production alimentaire pour cette année. 
 
Outre la baisse de la disponibilité alimentaire locale, la hausse des prix des produits alimentaires importés, le riz et la farine en particulier, fait craindre une détérioration plus significative des conditions de sécurité alimentaire dans le pays prévoit la CNSA. Si les prix du maïs local et des haricots ont considérablement chuté entre avril et juin cependant, en glissement annuel, hors-mis celui du sucre, les prix alimentaires sont de loin plus élevés en 2013 qu’en 2012. De plus, il est à souligner qu’en comparant les prix du premier semestre de cette année à ceux du premier semestre de l’année 2012, on observe une nette augmentation du coût de la vie pour les ménages, car les prix alimentaires en 2013 sont significativement élevés par rapport à 2012. À titre d’exemple, le riz importé est près de 11% plus cher cette année que l’année dernière. Plus important encore, les prix du haricot rouge, du haricot noir et du maïs local sont respectivement 27%, 34% et 26% plus chers que l’année dernière. 
 
Hormis d’être à la merci de la pluie, l’agriculture haïtienne a aussi subi les contrecoups de nombreuses inondations qui ont frappé le pays au cours de 2012 et pendant une bonne partie de 2013. Ces inondations ont affecté plus de 7 000 familles, dont plus de 80% se trouvent dans l’Artibonite, particulièrement au niveau des communes de Bocozelle, Marchand Dessalines et de Grande Saline a fait savoir la CNSA. Les intempéries ont touché aussi le Nord-Ouest et le Centre mais à un degré moindre. Pour chacun de ces départements, deux communes ont été sévèrement touchées relate la CNSA notamment Saint-Louis du Nord et Port-de-Paix (Nord-Ouest), Hinche et Boukan carré (Centre). Dans son bulletin N° 28, paru en mars 2013, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait fait savoir qu’environ 6,7 millions d’haïtiens sont en insécurité alimentaire en Haïti, dont 5,2 millions souffrent d’une insécurité alimentaire modérée et 1,5 millions en insécurité sévère. Une situation grave et insupportable qui risque de s’aggraver tenant compte du fait que le pays est en plaine saison cyclonique.