Michaelle Jean, Special Envoy to Haiti of UNESCO
By Pierre Emmanuel
November 10, Montreal Metro (free daily)
The following article reports recent comments by Canada's former governor general and newly appointed UNESCO Special Deputy for Haiti, Michaëlle Jean. The comments were given at a press conference following the investiture in Paris of Mme. Jean as Special Envoy to Haiti of UNESCO on November 8. The original article was published in French; the English translation below is by this website (apologies that it could not be more professional). A Presse Canadien report of the UNICEF investiture ceremony is below, in French.
Pierre Emmanuel is a morning radio host on Montreal's CPAM station.
--Website editors
PARIS--Michaëlle Jean has denounced the deception of international aid to Haiti. The former Governor General did not shy away from rapping the knuckles of an international community that she has invited to look hard at its failure in Haiti. International aid has transformed Haiti country into "a vast laboratory of trial and error," she said in her first statement as UNESCO Special Envoy to Haiti. She was invested into her new post at the beginning of this week.
Mme. Jean repeated the tone for the new position she will occupy for the next four years. Very sensitive to the issue of Haiti, her country of origin, she has begun by telling the truth to the (international) community she will represent. She felt obliged to tell it that the strategies used in this country since decades have produced absolutely nothing because there was never any real political will to achieve something lasting.
The international community has repeated formulas ad nauseum since the 1980's in seeking to impose at all cost inappropriate policies from the outside by «développementeurs» (people with development programs but who lie). The famous "Chicago Boys" (right wing advisors to successive U.S. governments) demanded an end to tariff barriers and achieved, ultimately, the end of Haitian national production. The privatization of key national industries such as HASCO (sugar), ENAOL (oil), flour milling, Ciment Haiti (cement) and the rice industry have left the country completely on his knees before international aid. Today, everything must be imported into Haiti to satisfy a market completely turned outwards.
Without saying so in so many words, the message of Michaelle Jean is also a challenge to the Haitian ruling classes, because "développementeurs" could not have turned the country into a "failed laboratory" without the active help of leaders incapable of coming to a common agreement for a national development program.
Michaëlle Jean dénonce l’imposture de l’aide internationale à Haïti
Par Pierre Emmanuel, Métro Montréal, 10 novembre 2010
Michaëlle Jean dénonce l’imposture de l’aide internationale à Haïti. L’ancienne gouverneure générale n’y est pas allée de main morte, en tapant sur les doigts d’une communauté internationale qu’elle a invitée à faire son constat d’échec en Haïti.
L’aide internationale a transformé ce pays en «un vaste laboratoire d’essais et d’erreurs», a dénoncé Michaëlle Jean dans ses premières déclarations d’Envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti. Elle a été investie en début de semaine dans ces nouvelles fonctions.
Une fois de plus Michaëlle Jean a donné le ton de ce que sera cette nouvelle fonction qu’elle occupera durant les quatre prochaines années. Très sensible à la cause d’Haïti, son pays d’origine, elle a commencé par dire sa vérité à cette communauté qu’elle va représenter. Il fallait qu’elle lui dise que les stratégies utilisées dans ce pays, depuis des dizaines d’années, n’ont absolument rien donné, parce qu’il n’y a jamais eu de volonté politique réelle d’y réaliser quelque chose de durable.
La communauté internationale s’est cassée la gueule à répétition en Haïti depuis les années 1980, en voulant imposer à tout prix des politiques inadaptées des «développementeurs». Les «fameux Chicago Boys» qui ont exigé la fin des barrières tarifaires et qui ont obtenu en bout de ligne la fin de la production nationale haïtienne. La privatisation des principales industries nationales comme la HASCO (sucre), l’ENAOL (huile), la Minoterie (farine), Ciment d’Haïti et la filière du riz ont laissé un pays complètement à genoux devant l’aide internationale. Aujourd’hui tout doit être importé en Haïti, pour satisfaire un marché complètement tourné vers l’extérieur.
Sans le dire clairement, le message de Michaëlle Jean est aussi un appel aux classes dirigeantes haïtiennes, car les «développementeurs» n’auraient pas pu transformer ce pays en «laboratoire d’échecs» sans l’aide active de nationaux incapables de s’entendre minimalement sur un projet commun de développement.
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Jean: Haïti ne doit plus être un laboratoire
Michel Dolbec, La Presse Canadienne
08 novembre 2010 03:17
http://qc.news.yahoo.com/s/capress/101108/nationales/michaelle_jean_unesco
PARIS - La nouvelle envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, Michaëlle Jean, souhaite que son pays d’origine cesse d’être un «vaste laboratoire d’essais et d’erreurs» de l’aide internationale. L’ancienne gouverneure générale du Canada a été officiellement nommée dans ses nouvelles fonctions lundi, à Paris, par la directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Irina Bokova.
Dans son premier discours, Mme Jean a déclaré que la population haïtienne avait désormais besoin d’un «pacte de solidarité essentiel» qui aille «au-delà de la logique de l’assistance» qui prévaut en Haïti depuis des décennies.
D’urgences en catastrophes, cette logique, selon elle, «a fini par faire d’Haïti un immense laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et erreurs de l’aide, avec une somme de stratégies lacunaires qui n’ont jamais rien produit, rien réalisé de réellement durable».
«Le grand problème en ce moment, c’est l’éparpillement, a poursuivi Michaëlle Jean quelques minutes plus tard en conférence de presse. Il y a un besoin de coordination et de cohésion dans la foule vertigineuse d'interventions qui sont conduites en Haïti.»
«Il faut un plan»
Pour mettre fin à la dispersion et à la «fragmentation» des efforts de reconstruction, la nouvelle envoyée spéciale en appelle à la mise en place d’un «plan de développement humain, 'inclusif' et durable», qui viendrait soutenir, notamment, le «renforcement des capacités de gouvernance» de l’État et la fondation d’un système d’éducation public de qualité.
Pour mener sa tâche à bien, Mme Jean aura «l’entière confiance» de la directrice générale de l’Unesco. «Nous pourrons compter sur votre connaissance intime du terrain, de sa population, de sa culture, pour mettre en œuvre les programmes les plus efficaces, susceptibles d’être les mieux acceptés et de s’inscrire dans la durée», lui a dit Irina Bokova pendant la cérémonie de nomination.
L’ancienne journaliste estime d’ailleurs que ce sera là sa principale «valeur ajoutée». «Le fait d’être d’Haïti est une 'plus-value'. Je parle la langue, je connais le pays de l’intérieur et en même temps j’ai le recul nécessaire», a-t-elle fait valoir.
Dans ses nouvelles fonctions, Mme Jean entend bien rappeler aux dirigeants internationaux les promesses qu’ils lui ont faites lorsqu’elle était gouverneure générale du Canada. Elle compte ainsi «reprendre ces discussions et amener la communauté internationale à honorer ses engagements».
«Dès l’annonce de ma nomination, plusieurs pays se sont avancés. Ils sont venus me voir et m’ont dit qu'ils allaient s'associer et soutenir les efforts que je vais déployer en tant qu’envoyée spéciale», a raconté Mme Jean.
En acceptant sa nouvelle mission devant une centaine d'invités, diplomates et employés de l'Unesco, Michaëlle Jean s’est montrée très émue: «Ce moment, je le sais, restera gravé dans ma mémoire, car il marque une étape importante, non seulement de mon parcours, mais de ma vie. J’y vois une sorte de revanche contre la barbarie qui un jour a forcé ma famille, et des milliers d’autres comme nous, à prendre le chemin de l’exil, nous traitant en parias et bannissant nos rêves du sol d’Haïti.»
Une version de cet article a aussi paru dans La Presse (Montreal),
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/08/01-4340575-pour-michaelle-jean-haiti-ne-doit-plus-etre-un-laboratoire-des-erreurs.php


