Two Calls for a Boycott of the March 20 Selection-Election

For the second week in a row, the editor of Haiti Liberte has penned an editorial calling on Haitian progressives to unite around a campaign to boycott the election/selection of March 20. Below is the editorial, in French. The editorial concludes:

To the political parties and progressive organizations dedicated to a popular social project for Haiti, including the Parti Populaire National (PPN), the Parti Fanmi Lavalas, KOREGA, SKANP, PAPDA, SOFA, GARR, MODEP, Batay Ouvriye, Antèn Ouvriye and all others concerned, we ask whether the moment has not arrived to set aside our political disagreements and schisms in order to build a broad mobilization aimed at boycotting the electoral masquerade of March 20.

We hope that these parties and organizations will wish to respond to our appeal, and urgently.

This must be a step towards the coming together of a coherent, left opposition to whatever form of political power comes out of this fraudulent and anti-popular election that the imperialist powers are preparing for our country.

Below the HL editorial is a statement issued one month ago, in French, by Haitian Resistance Quebec-Canada calling for a boycott. The statement concludes:

Following the vulgar comedy of November 28, 2010, conceived and staged by the imperialist countries under the cover of the United Nations, Organization of American States and their Haitian actors, extras and lackeys, the moment to perform the final act of the electoral masquerade arrives, to be staged on March 20. Under these circumstances, Résistance haïtienne au Québec-Canada invites all Haitians worthy of the name, in the spirit of justice and liberty, to not be complicit in this ridiculous farce...

Down with the election circus of March 20!
Down with the puppets and lackeys of the neo-colonizers!
Down with the military occupation of Haiti!
Long live a free, independent and democratic Haiti!


Face à l'Histoire!

Editorial HAITI LIBERTÉ, Vol. 4 No. 34, du 9 au 15 mars 2011
Par Berthony Dupont

Le présent d'un pays ne peut pas être dissocié de son passé vu que l'existence d'une nation ne peut être autre qu'une accumulation continue de faits historiques, appelés à toujours marquer de leurs empreintes toute l'évolution de ce pays. Il y a de cela deux années, le commissaire Bill Clinton, se présentant en redresseur de tort et promettant un avenir rapidement meilleur au peuple haïtien, avait fait une déclaration fracassante et arrogante en osant nous demander d': " Oublier le passé pour regarder le futur". Ainsi : "Votre avenir sera bien meilleur ", affi rmait-il. Malheureusement, personne, parmi les gens les mieux placés, ne lui avait rendu la monnaie de sa pièce en lui faisant la leçon, à savoir que les expériences du passé d'un peuple ne doivent jamais être ignorées encore moins être oubliées.

En effet, le 28 novembre 2010 dernier, deux élections présidentielles ont eu lieu, l'une en Haiti et l'autre en Côte d'Ivoire. Deux élections sous la houlette de la Communauté internationale, soit le consortium Etats-Unis, France et Canada. Deux élections semblables qui illustrent grandement le rôle politique, colonial et dominant des pays impérialistes sur les pays pauvres. On pourrait même dire que le laboratoire impérial a utilisé la même partition pour les deux pays, vu qu'ils sont tous deux sous le fer d'une occupation militaire des Nations Unies.

Les événements tragiques qui se déroulent actuellement dans ce pays frère, la Côte d'Ivoire, méritent que le peuple haïtien tire les conséquences et les enseignements qui s'imposent de façon à mieux connaître le visage de l'impérialisme qui continue à le menacer. Dorénavant le peuple haïtien devrait s'engager à méditer sur ces tactiques, ces méthodes et ces procédés qui pendant si longtemps ont cherché et cherchent encore à jeter la confusion et semer la discorde parmi les peuples.

Comment interpréter les derniers événements qui bouleversent encore la Côte d'Ivoire jusqu'à provoquer une situation anormale et chaotique dans le pays, du seul fait que les pays impérialistes ont choisi qui devrait être président en faisant fi de la Constitution du pays et de tout son passé historique lorsqu'ils veulent imposer un ressortissant étranger, un ancien Haut fonctionnaire de l'ex-Haute Volta, le Burkinabè Alassane Dramane Ouattara pour être président de la Côte d'ivoire.

Ouattara fut un jour recruté, en tant que citoyen voltaïque, au poste d'économiste principal au Fonds monétaire international (FMI) en avril 1968. Comment est-il alors devenu Ivoirien ? A ce jour, il n'existe en effet aucune trace d'un quelconque décret de naturalisation d'Alassane Dramane Ouattara dans les archives nationales ivoiriennes. L'intéressé lui-même par ailleurs, à ce jour, n'a pas encore été à même de produire un tel document. Le 2 décembre 2010, Alassane Ouattara était annoncé, selon les résultats provisoires, vainqueur de l'élection présidentielle ivoirienne avec 54,1 % des voix par la Commission électorale indépendante (CEI). Or, la CEI n'est pas habilitée à prononcer des résultats défi nitifs, rôle qui revient au Conseil constitutionnel. Ce même jour, le Conseil constitutionnel a invalidé ces résultats et proclamé le président sortant réélu avec 51,45 % des suffrages.

Balayant d'un revers de main l'intervention du Conseil Constitutionnel Ivoirien, Catherine Ashton, représentante de l'Union européenne, et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ont considéré pour leur part que le vainqueur de l'élection était Alassane Ouattara, même cas de fi gure pour Haiti. Les présidents français Nicolas Sarkozy et américain Barack Obama se rallient pour porter Gbagbo à s'incliner face aux diktats de l'international. La presse occidentale s'est jetée dans la mêlée avec un appétit féroce pour diaboliser Gbagbo tout en innocentant le candidat impérial.

Cette réalité démontre avec force conviction comment de nos jours, les pays pauvres sont piégés par l'extérieur. Au lieu de résoudre leur crise, ils ne font que l'empirer en utilisant leur infl uence et leur puissance.

C'est dans ce même genre de climat politique, qu'une atmosphère confuse et tendue règne en Haiti, donnant lieu à un brouhaha compliqué et contradictoire, mettant en évidence l'importance du rôle des puissances impérialistes dans notre pays. Elles ont accouché de ce mardi-gras électoral que la Communauté Internationale veut nous imposer afi n de mettre au pouvoir soit Michel Martelly le candidat des Etats- Unis, soit Mirlande Manigat le candidat de la France.

Aucun peuple au monde ne s'est jamais trouvé face à une situation aussi humiliante. Dans ces conditions, quoi de mieux que de faire vibrer les cordes sensibles de notre patriotisme pour défendre notre indépendance et notre souveraineté, les biens les plus précieux d'un peuple.

A ce stade, face au cynisme conjugué des forces réactionnaires et coloniales, ne sommes-nous pas face à l'Histoire? Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Nous pouvons éviter, si nous le voulons, cet effondrement spectaculaire du corps national qu'on veut nous infl iger.

Aux partis politiques et organisations progressistes qui se réclament d'oeuvrer pour un projet populaire tels le Parti Populaire National (PPN), le Parti Fanmi Lavalas, Korega, Skanp, Papda, Sofa, Garr, Modep, Batay Ouvriye, Antèn Ouvriye et tous les autres qui se sentent concernés, nous demandons si le moment n'est pas venu de mettre de coté nos différends sinon nos divergences pour rejoindre une grande mobilisation visant au Boycott de la mascarade du 20 mars.

Nous espérons que ces partis et ces organisations voudront bien répondre à notre appel de façon urgente.

Ce ne peut être qu'un pas en avant très net vers la cristallisation d'une opposition de gauche cohérente à toute forme de pouvoir issu d'élections frauduleuses et anti-populaires que préparent les puissances impérialistes pour notre pays.


COMMUNIQUE

Pour diffusion immédiate

Montréal le 8 février 2011

La Résistance Haïtienne au Québec-Canada salue la détermination et le courage du peuple haïtien dans sa lutte farouche pour l’amélioration de ses conditions de vie, la liberté, la justice et la reconquête de sa souveraineté.

Après la vulgaire comédie du 28 novembre 2010, conçue et mise en scène par les pays impérialistes sous la couverture de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de leurs comédiens, figurants et laquais haïtiens, arrive le moment de réaliser le dernier acte de la mascarade-électorale qui devrait se jouer le 20 mars prochain. Dans ces circonstances, la Résistance haïtienne au Québec-Canada invite tous les Haïtiens et Haïtiennes dignes de ce nom, épris de justice et de liberté, à ne point se faire les complices de cette attrape nigaud qui enflamme deux marionnet- tes : un exhibitionniste obscène, une sorbonnarde aux percées louverturiennes ratées.

Face à cette éventualité imminente, la Résistance haïtienne au Québec-Canada encourage fortement les compatriotes vivant à l’étranger à apporter leur contribution à la lutte du peuple haïtien en demandant à leurs parents et amis dans le pays de boycotter la sélection loufoque et grotesque blanc bonnet et bonnet blanc du 20 mars 2011.

A bas le cirque électoral du 20 mars 2011!
A bas les marionnettes et les laquais des Néo-colonisateurs!
A bas l’occupation militaire d’Haïti!
Vive Haïti libre, indépendante et démocratique!

Source : Serge Bouchereau (514) 383-8281